BD Lecture

[BD] Bravo Les Brothers

J’étais passé à côté de Bravo les Brothers ce printemps : en effet, cet album est sorti en avril 2012 aux Editions Dupuis. Je me suis rattrapé en me faisant un cadeau d’anniversaire de moi à moi-même il y a quelques jours. Mais kesako Bravo les Brothers ?

Il s’agit en fait de l’avant-dernière bande dessinée d’André Franquin où figurent Spirou et Fantasio, publiée en le 14 octobre 1965 et le 3 mars 1966 dans le Journal de Spirou (dont je vous ai fait un petit récap dans un récent billet) et parue pour la première fois en album en accompagnement de la dernière histoire de Spirou réalisée par Franquin, Panade à Champignac, avant son passage de relais définitif à Fournier sur la série étendard de Dupuis. Cette édition un peu “luxe” (24 Euros) propose l’histoire complète d’une vingtaine de pages recolorisé pour l’occasion par Frédéric Jannin (Germain et Nous, Arnest Ringard…) ainsi que la reproduction complète des 22 planches de cette histoire commentées page par page avec un rédactionnel signé José-Louis Bocquet et Serge Honorez, aidés de la fille de l’auteur Isabelle Franquin.

Outre un commentaire fort intéressant et riche en anecdotes, notamment sur le rapport de Franquin à l’animation de personnages animaliers (qui a dit Marsupilami ?) et sur la vie de la rédaction du Journal, l’histoire en elle-même est artistiquement pertinente sur le parcours de Franquin et de son détachement des aventuriers Spirou et Fantasio pour se tourner vers un Gaston plus lunaire et surtout plus drôle. D’ailleurs Gaston Lagaffe et tout son écosystème (M. DeMesmaeker, Prunelle, Lebrac, etc) sont là et c’est le personnage mou et débraillé qui va voler la vedette à ce qui est pourtant sur le papier une “Aventure de Spirou et Fantasio” dans cette BD. Bravo les Brothers arrive près de 2 ans après la dépression de l’auteur pour l’album précédent, QRN sur Bretzelburg, qui a déclenché sa remise en question professionnelle malgré le succès certain d’un univers auquel il a beaucoup apporté (Zorglub, etc) et on comprend la transition nécessaire par amitié pour Charles Dupuis, son éditeur.

L’analogie pour Spirou avec l’album de TintinLes Bijoux de la Castafiore” est cité dans cet ouvrage et me semble très bien vue : ici, Spirou et surtout Fantasio, initialement responsable de Gaston à ses débuts, vivent une aventure “à domicile”. Non pas dans le village haut en couleurs et champêtre de Champignac, mais à la Rédaction : ce qui, pour des journalistes, semble assez logique. Cette aventure est véritablement une évolution logique et douce vers l’univers plus “intimiste” de la Rédaction où officie Gaston plus qu’une réelle aventure des héros présumés de l’histoire. On peut comprendre ainsi que cette courte histoire (la moitié d’un album classique) soit l’une des histoires préférées de son auteur où tous les éléments de son art (humour, personnages clés, etc) sont présents.

Une bon moment de BD et une belle édition que ce Bravo les Brothers mais surtout un excellent Franquin qui ravira les aficionados du “Maître”.

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