(c) Marvel Studios

2014 : Les mecs en collants sur nos écrans

Je ne remonterai pas jusqu’aux premières apparitions de Georges Reeves en Superman, ni même à la série Batman des années 60 avec Adam West et Burt Ward (dont l’intégrale est désormais dispo en DVD : pour le cadeau de Noël honteux c’est ICI) ou encore aux films de l’homme chauve-souris par Tim Burton, mais les années 2000 ont bien installé les super-héros américains sur les petits et grands écrans. Après des jalons posés au cinéma par Sam Raimi et son Spider-Man et Bryan Synger et ses X-Men, le genre s’est clairement imposé avec la trilogie Dark Knight de Christopher Nolan débutée en 2005 et le 1er Iron Man de Jon Favreau sorti en salles en 2008.

Et depuis, le grand public désormais conquis ainsi que les fans des bandes dessinées estampillées Marvel ou DC Comics a droit chaque année à une dose assez forte d’adaptations audiovisuelles de leurs héros en collants. Six ans après le lancement du Marvel Cinematic Universe via Iron Man, la firme qui sans originalité met Stan Lee dans quasiment tous ses long-métrages se porte assez bien et a trouvé son rythme de croisière avec 2 films par an et désormais un début de conquête du média télé tandis que Warner et son exploitation de l’univers DC Comics (Batman, Superman, la Ligue des Justiciers…) est à inventer.

2013 aura été une année assez discutable qualitativement parlant pour ces deux entreprises de l’entertainment. La première pierre du “DC Cinematic Universe”, Man of Steel de Zack Snyder, a eu un peu de mal à convaincre même si, en ce qui me concerne, l’approche diamétralement opposée au “style Marvel” en étant plus science-fiction, plus “réaliste”, moins comédie et en reconstruisant l’histoire ultra-connue de Superman d’une façon originale, m’a assez convaincu. De son côté, Marvel a démarré sa “Phase 2” post-Avengers avec un Iron Man 3 un poil bancal et enchaîné avec Thor : The Dark World, sa licence la plus faible à ce jour. De la même manière, le lancement en grandes pompes sur ABC de sa première série télévisée Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D. a déçu par un scénario peu passionnant, des moyens limités et un casting passable à l’exception du fameux Agent Coulson interprété par Carl Gregg.

Arrow (c) CW
Arrow (c) CW

A l’heure où l’on commençait à craindre l’indigestion, le hors d’oeuvre sentait déjà un peu le pâté ! Mais le programme de 2014 a clairement réhaussé le niveau que cela soit sur petit ou grand écran. Tout d’abord, la discrète et imprévisible série de la CW, Arrow, a transformé l’essai de sa saison 2 prouvant que la chaîne s’était un peu détaché du style Smallville trop adolescent et pouvait, tout en gardant sa “patte” très lisse, fournir une série d’action un poil plus violente qu’avant et surtout avec un semblant de scénario et un panel de personnages impressionnant, flattant évidemment le fanboy mais servant également son univers.

En mars, la sortie en salles de Captain America : The Winter Soldier multiplie les bonnes surprises. D’abord, le film en lui-même est assez bon malgré des promesses marketing non tenues et installe le personnage dans l’époque contemporaine au sein d’un film action-thriller qui change complètement de la “comédie d’action historique” du premier opus. Les scénaristes et réalisateurs Anthony et Joe Russo, principalement connus pour leur boulot sur la série Community m’ont agréablement surpris. Et le second bon point de ce film, c’est son impact sur la série Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D. ! Sans en déflorer l’histoire, la conclusion du film sur le super-soldat américain a un impact plus que notable sur l’univers partagé entre les différentes productions Marvel, et a ainsi donné un véritable enjeu à la série d’ABC, qui s’est totalement et très bien transformée. Le début de la saison 2 est désormais là pour confirmer que le niveau global des aventures de ces agents s’est bien relevé.

X-Men Days of Future Past (c) Fox
X-Men Days of Future Past (c) Fox

Sony sort en avril le second The Amazing Spider-Man qui fait suite à son récent reboot de la licence avec Andrew Garfield et Emma Stone. Réalisé par le bien nommé Marc Webb, cet opus est à mon sens meilleur que le précédent. Toutefois ça reste pour moi mal maîtrisé et je regrette les deux premiers films de Sam Raimi, même si l’interprète de Peter Parker, Tobey Maguire, m’insupportait au plus au point. Tant que l’on est dans les films Marvel non produits par Marvel Studios, on peut enchaîner en mai avec la FOX qui sort le 2ème volet de sa nouvelle trilogie X-Men, faisant à la fois suite à X-Men : First Class et mettant de l’ordre dans l’ensemble du X-Men-verse ciné : X-Men : Days of Future Past. J’avoue que je n’avais plus pris autant mon pied devant un film avec mutants depuis X-Men 2 ! Ce n’est pas parfait mais ça fait très bien le job et le scénario a le mérite d’évacuer les plus mauvais films de la licence (X-Men 3 et Wolverine). On en oublierait presque les querelles entre Marvel Studios et la FOX au sujet de l’utilisation du personnage de Quicksilver…

L’année 2014 est bien entamée et a déjà apporté son lot de bonnes surprises quand, soudain, en août le plus improbable se produit. Un film sur une équipe de super-héros inconnus comportant entre autres un raton-laveur de l’espace et un arbre qui parle (peu) débarque en salles et se révèle être l’un des (si ce n’est LE) meilleurs films de super-héros depuis bien longtemps. Adaptation d’une obscure équipe futuriste créée en 1969 et remise au goût du jour de manière confidentielle néanmoins en 2008 par le duo de scénaristes Dan Abnett et Andy Lanning, le Guardians of the Galaxy de James Gunn frappe juste en tous points avec des personnages hauts en couleurs, drôles et attachants, de la SF épique mais également avec une improbable bande-son eighties. Imprévisible mais brillant ! Au même titre que dans les comic-books, c’est souvent les personnages les moins sur le devant de la scène qui bénéficient du traitement le plus audacieux et souvent le plus qualitatif artistiquement parlant.

The Flash (c) CW
The Flash (c) CW

Après cet été galactique, on retourne sur Terre devant le petit écran où une véritable pluie, non pas de météorites, mais d’adaptations de personnages Marvel ou DC a été annoncée. Car non : Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D. et Arrow ne sont plus seules à porter l’étendard de leurs firmes ! Si l’on attend pour début janvier la série spin-off de la première, Agent Carter, la CW a dégainé très rapidement The Flash : totalement ancré dans l’univers de sa série-mère avec des interactions entre les personnages des 2 séries mais dans une autre ville, on retrouve un (trop ?) jeune Barry Allen touché par la foudre et doté d’une super-vitesse. La recette d’Arrow fonctionne à nouveau mais on regrettera un traitement trop adolescent pour le coup du personnage principal alors qu’il est quand même être agent de la police scientifique et ainsi avoir un peu plus de coffre que de simples problématiques de “Non, tu n’es pas mon père” ou d’amoureux transi n’osant avouer ses sentiments. Mais malgré cela, et des effets spéciaux un peu faiblards, la galerie de personnages est intéressante et l’intrigue fonctionne. On regretterait presque l’exclusion de la mythologie des séries de la CW de l’univers cinématographique DC : en effet, à part une éventuelle histoire de mondes parallèles façon Crisis on Infinite Earths très prisée dans la bande dessinée, il n’y aura aucun lien entre les films Warner et les séries de la chaîne. D’ailleurs, le Flash des films vient d’être casté il y a quelques semaines en la personne de Ezra Miller (vu dans le sympathique film Le Monde de Charlie).

L’autre nouveauté très attendue pour cette rentrée télé, c’était la nouvelle série du créateur de The Mentalist, intitulée sobrement Gotham. Totalement indépendante de Arrow ou de The Flash, la série est diffusée sur la FOX et met en scène le Commissaire Gordon à ses débuts au sein d’une ville de Gotham rongée par la criminalité et où un jeune Bruce Wayne vient à peine de perdre ses parents. Si les deux premiers épisodes m’avaient semblé faciles, convenus et avec beaucoup trop de clins d’oeil inutiles (le pilote fait quasiment apparaître toutes les identités civiles des méchants les plus connus de l’univers Batman), rendu au 7ème épisode l’histoire prend forme et les dynamiques entre les personnages sont devenus très astucieuses.

Gotham
Gotham (c) Fox

Alors que Constantine, le détective de l’occulte DC Comics/Vertigo déjà adapté en film avec Keanu Reeves il y a quelques années, vient de débuter sur NBC, de nombreux autres projets télévisuels sont sur le feu pour 2015 : j’ai déjà parlé d’Agent Carter de Marvel pour ABC mais Netflix est également en train de développer non pas 1, ni 2 mais bien 4 séries Marvel (ainsi qu’une mini-série supplémentaire) ! Reprenant les personnages “urbains” de l’éditeur, on devrait prochainement retrouver des séries de 13 épisodes Daredevil, Iron Fist, Luke Cage et Jessica Jones ainsi qu’une mini-série The Defenders réunissant ces personnages ! Et si je ne me limitais pas au séries des univers super-héroïques de ces éditeurs, je vous causerai aussi du projet de la CW nommé iZombie paru chez Vertigo (la gamme adulte de DC), qui ne ressuscite pas des produits Apple mais qui parle d’une femme zombie qui peut obtenir les souvenirs des cadavres en mangeant leur cerveau : utile dans le cadre d’enquêtes policières…

Et tant que l’on en est à parler d’avenir, de 2015 et d’après, le menu super-héroïque dans les salles obscures déjà copieux jusqu’à présent s’annonce désormais… Gargantuesque ! Pas moins de QUARANTE films sur le sujet sont dans les tuyaux pour les 5 ans à venir ! Alors malgré parfois des bonnes surprises, il ne faut pas se leurrer sur le licensing à outrance qui va forcément produire des films discutables. On ne sait pas encore ce que vont donner les films Warner mais on sait d’ores-et-déjà que la firme compte énormément dessus (elle vise à remplacer entre autres la licence Harry Potter dans l’esprit des investisseurs) et que Marvel ne compte pas se laisser rattraper au cinéma, mais plutôt d’essayer de récupérer ses personnages encore sous contrats chez d’autres studios comme Spider-Man chez Sony et les X-Men ou les Fantastic Four chez la FOX pour bénéficier totalement de la manne financière du genre. La firme n’y va d’ailleurs pas de main morte en menaçant de supprimer le comic-book support du film l’année de la sortie de celui-ci pour ne faire aucune pub à ces projets cinématographiques : on parle ici de Fantastic Four, l’une des BD fondatrices de cet univers !

Alors bien sûr, l’originalité n’est pas de mise, l’indigestion au genre n’est pas loin et cela coupe sans doute des crédits pour des projets plus intéressants ou ambitieux, mais j’avoue que malgré tous ces arguments avec lesquels je suis intellectuellement d’accord, mon coeur de fanboy, le même que celui que j’avais en parcourant mes Strange, Titans ou Les Jeunes T. quand je rentrais de l’école, ne peut s’empêcher de vibrer devant de tels projets. Voir la Justice League au cinéma, redécouvrir les assauts galactiques de Thanos ou plus simplement avoir un oeil par dessus l’épaule des héros urbains de ces univers de bandes dessinées américaines, souvent dignes de soap-operas pour mecs, et bien… Je kiffe, tout simplement.

Les 40 films de super-héros à venir...
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