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[Film] Hors Normes

C’est quoi ?

Origine : France
Réalisateur : Olivier Nakache et Eric Toledano
Acteurs principaux : Vincent Cassel, Reda Kateb, Alban Ivanov, Hélène Vincent
Durée : 1h57
Sortie : 23 octobre 2019

Ca raconte quoi ?

Bruno et Malik vivent depuis 20 ans dans un monde à part, celui des enfants et adolescents autistes. Au sein de leurs deux associations respectives, ils forment des jeunes issus des quartiers difficiles pour encadrer ces cas qualifiés « d’hyper complexes ». Une alliance hors du commun pour des personnalités hors normes.

Et t’en penses quoi ?

Depuis le succès d’Intouchables, je n’ai pour l’instant jamais été déçu par les réalisations du duo ToledanoNakache : Samba au coeur de problématiques d’immigration ou leur dernier succès Le Sens de la Fête qui dépeignait les vies d’un groupe organisant des mariages étaient, au même titre qu’Intouchables, un mélange intéressant d’humour et de peinture sociale. Portés par des acteurs de qualité (François Cluzet, Omar Sy, Jean-Pierre Bacri…), ces trois films démontraient à la fois le sens du rythme des réalisateurs, leur direction d’acteurs efficace que ce soit dans le cadre d’un duo ou d’un film choral et surtout une volonté de mettre l’humain au coeur de leur filmographie.

Avec Hors Normes, le sujet était clairement casse-gueule : s’attaquer au rapport du système vis-à-vis des autistes et de leur entourage, ça sentait le pathos à plein nez au mieux ou alors la gaudriole malvenue et déplacée. Que nenni ! L’équilibre est rapidement trouvé entre un idéaliste engagé, Bruno, joué par un Vincent Cassel (Notre jour viendra, Black Swan, Le Pacte des Loups, La Haine, Dobermann, L’Empereur de Paris…) en forme et un autre responsable d’association nommé Malik, aux répliques cinglantes, interprété par un toujours aussi impeccable Reda Kateb (découvert dans la série Engrenages, puis retrouvé depuis entre autres dans le film Hippocrate et le biopic Django).

Le duo de ces acteurs de premier ordre est parfaitement géré par les réalisateurs : ils se répondent mais ne s’imposent pas, ni entre eux ni vis-à-vis des personnages secondaires (les interprètes des seconds rôles sont d’ailleurs eux aussi plutôt brillants). Ils sont tous ensemble au service d’un propos à charge au sujet de l’intégration des autistes dans la société française. Le quotidien de ces accompagnants n’est pas rose, et leur implication en fait des « héros ordinaires » de premier choix à l’opposé des inspecteurs hautains du Ministère de la Santé qui cherchent à remettre l’association du personnage de Bruno dans un cadre légal, quitte à laisser des enfants sur le carreau.

Le seul défaut du film en mon sens serait juste un certain manichéisme en la matière où l’administration serait juste castratrice en matière d’accompagnement : c’est peut-être le cas mais leur rôle de contrôle n’est sans doute pas 100% inutile non plus… A part ça, le résultat est globalement positif et même principalement optimiste, tant par la conclusion du long-métrage mais également dans certains éléments de contexte en terme d’intégration (éducateurs ou patients juifs, noirs, musulmans, etc s’entremêlent de manière fluide et sans aucun stigmatisme). C’est le style de film français qui me redonne espoir dans un cinéma national qui ne serait pas engoncé entre le cinéma d’auteur prétentieux et la grosse comédie dégoulinante : recommandé.

A noter que si vous avez l’occasion d’aller le voir en salles (encore possible à l’heure où j’écris ces lignes), les producteurs versent 5% des profits du film aux associations ayant inspiré Hors Normes.

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