Archives de catégorie : Lecture

Génériques !

La collection Bibliothèque des Miroirs de l’éditeur Les Moutons Electriques renferme pas mal d’essais d’assez bonne qualité sur les auteurs de comics, les thématiques SF et plus globalement les sujets à connotation geek. Je parlerai peut-être un jour des ouvrages sur Grant Morrison, Alan Moore, Jim Steranko ou Hayao Miyazaki parus dans cette collection mais c’est ici Génériques ! Les séries américaines décryptées que je vais rapidement évoquer.

J’avoue que je n’aurai jamais cru il y a quelques années lire un bouquin sur les séries télévisées qui prendrait pour point d’entrée leur emballage : leur générique. Mais preuve de la reconnaissance grandissante de la fiction télévisée, elle est désormais décortiquée de la même manière que peuvent l’être les oeuvres cinématographiques. On a donc affaire à un bouquin plutôt “technique”, détaillant d’abord l’histoire du générique télévisé (forcément intimement lié à l’histoire des séries elles-mêmes) puis l’utilité technique de celui-ci (notamment juridique, pour la rémunération des auteurs) pour enfin étudier le cas de nombreuses séries connues.

Généralement peu friand d’ouvrages trop techniques, celui-ci est assez intéressant pour ses classifications des génériques comme pour la mise en valeur des informations qu’il distillent mais pêche un peu par un ton légèrement trop “universitaire”. Cela reste supportable mais un peu plus de fluidité dans le texte et de légèreté dans le ton auraient maximisé l’intérêt de l’ouvrage qui ressemble plutôt par moment à un rapport ou un exposé bien écrit. Mais dans l’ensemble on apprend pas mal de trucs (la signification réelle d’un “co-”producer ou “co-”autre chose” par exemple), cela fait ressortir des éléments pertinents sur les aspects identitaires de ces génériques et l’auteur Eric Vérat (journaliste et producteur d’émissions pour France Culture) parle de séries parfois peu évoquées dans les ouvrages traitant des séries télé (comme Lou Grant ou La Croisière s’Amuse par exemple). Mais je vous rassure : on parle aussi de séries bien plus connues dans le bouquin (Sopranos, True Blood, The Wire, Friends…).

Bref, une étude pas indispensable mais pour en savoir plus sur le côté technique, c’est sans doute le seul à ce jour en français qui soit allé si loin sur un sujet très particulier. Et 160 pages à causer de génériques de séries télévisées, ça force le respect…

 

Allez en cadeau bonus :

 

 

 

Urban Comics : Premières impressions

Après Sagédition, Arédit, Artima, Semic et dernièrement Panini, Dargaud a récupéré la licence DC Comics depuis le début d’année. Pratiquant en grande partie les comics en version originale, j’ai quand même réservé à la VF (en plus de certaines séances de rattrapage) quelques licences : les titres Spiderman et X-Men chez Panini, Star Wars et Hellboy chez Delcourt, et enfin Batman et les titres Vertigo désormais chez… Urban Comics, le label comic-book de Dargaud, fraîchement créé pour l’occasion.

J’avais pu feuilleter l’énième réédition de Watchmen par laquelle l’éditeur a démarré qui me semblait convenable en terme éditorial / traduction / etc mais possédant déjà la version Delcourt, je n’ai évidemment pas craqué. En revanche, j’ai depuis ce week-end pu tester le travail de ce nouvel éditeur via 3 titres : le périodique kiosque Batman Showcase, le 1e opus en librairie de Batman : Sombre Reflet et une mini-série mettant en scène John Constantine dans Les dossiers d’Hellblazer.

 

L’aventure kiosque d’Urban Comics démarre avec la suite d’une récente série dont les 1ers numéros ont été publiés par Panini : Batman Incorporated, écrite par Grant Morrison. Pour 5,60 €, on a droit à 4 épisodes de cette série (#5-8). Si je ne suis pas son plus grand fan, je trouve que le taff de Morrison sur ce titre est honnête même si le concept du club international de Batmen me fait sourire… Si maintenant la publication de DC en France commence à avoir une certaine régularité depuis une douzaine d’années (fin Semic + Panini), je trouve le taff d’Urban sur la partie éditoriale très intéressante pour les nouveaux lecteurs (et même pour moi qui a zappé quelques aventures). Les histoires récentes arrivées à Batman sont évoquées en 2 pages et ne font pas l’affront de résumer ça au texte canonique style Batman = Bruce Wayne, etc. Chaque épisode est ensuite précédé d’une page où chaque personnage de l’épisode est présenté en 4 lignes. Et à la fin, on retrouve un organigramme simple pour resituer tout ça : en gros, on peut dire qu’il s’agit d’un sans-faute de ce côté là…

 

 

 

 

En passant du côté de la librairie, le format choisi pour les 2 titres (Batman et Hellblazer) est plus proche du format utilisé par Delcourt (couverture cartonnée, dos et tranche noirs) que de celui de Panini (plus coloré et surtout en souple). Urban Comics profite éditorialement de l’expérience de ses concurrents. L’ensemble est sobre et assez classe. Le Hellblazer fait 14 € avec une sympathique mini-série écrite par Si Spencer et surtout dessiné par l’excellent Sean Murphy (Joe The Barbarian). L’éditorial est ici simple : 2 pages qui résument les grandes lignes de la série et de son ancienneté aux USA.

 

 

 

Meilleur encore : le Batman Sombre Reflet 1ère partie. L’histoire proposée par Scott Snyder et mise en images par Jock et Francesco Francavilla est déjà en elle-même une très bonne histoire de Batman à mon goût, très détective urbain (tiré de Detective Comics d’ailleurs), avec au départ une vente aux enchères de gadgets de super-vilains… Cette excellente surprise est en plus enrobée dans un bel écrin avec en bonus un mini-sketchbook de Jock et Francavilla, une présentation des personnages, les couvertures originales et surtout une excellente idée inspirée du système qu’a Delcourt dans les titres Star Wars : une “simple” frise chronologique qui place l’aventure du bouquin sur une timeline DC où apparaissent les principaux crossovers ou events de l’éditeur.

 

 

 

“Un fanboyisme Urban Comics déjà ?” allez vous me dire… Pas vraiment : les autres titres proposés ce mois en inédit VF ont été bizarrement choisis par exemple. Le Wonder Woman comme le Superman sont assez moyens en eux-mêmes et ne méritaient pas le même traitement que l’excellent thriller batmanien dont je viens de parler (surtout pour le prix). De même, pour 1 € de moins je trouve que l’absence du cahier de 16 pages “bonus” d’Hellblazer faute de matériel ou de volonté éditoriale par rapport au matos du Batman fait un peu chiche. Et puis difficile de se faire un avis (positif ou négatif) quand on a seulement quelques jours de recul et 3 titres en main mais en comparant aux premiers titres DC par Panini, ça semble plus pro (Batman) ou au moins équivalent (Hellblazer). Mais je sais aussi que les premiers titres Marvel France (Panini) semblaient être la panacée après Semic et quand on revoit le contenu des numéros 1 kiosque de cette époque, ça fait peur, donc bon, il faudra voir sur la durée même si la première approche est globalement très positive.

 

 

 

On s’adapte : Sherlock Holmes

L’oeuvre originale de Conan Doyle est composée de “seulement” 4 romans et 56 nouvelles que l’on peut retrouver réunies dans 2 ou 3 volumes d’intégrales très facilement trouvables ou encore parsemées dans la collection à bas coût Librio. A noter que la première aventure publiée du célèbre détective est Une étude en rouge en 1887 : si vous voulez vous y essayer, autant commencer par là… Archétype du détective privé, accompagné de son ami (et biographe finalement) le Dr Watson, amateur de violon, de drogue et de domaines de connaissance plutôt inhabituels (botanique et chimie plus que littérature, astronomie ou politique par ex.), pratiquant la boxe, sympathisant avec les enfants des rues, amateur de déguisements et légèrement mégalo : voilà grosso modo le portrait dépeint par Conan Doyle de son personnage. Personnage qui dépassa son auteur d’ailleurs (après l’avoir tué dans une nouvelle, le public “força” l’auteur à ressusciter le célèbre détective) et qui lui survivra de manières diverses.

 

 

S’il y a bien un personnage de fiction qui a été adapté à de multiples reprises, c’est bien Sherlock Holmes. C’est sans doute d’ailleurs celui qui a été le plus adapté au cinéma avec plus de 260 films depuis les débuts de ce support, mais on peut aussi citer de nombreuses séries, romans dérivés, adaptations radiophoniques, parodies, remakes déguisés, ou encore comédies musicales ! A l’heure où sort au cinéma le 2ème opus de la version de Sherlock Holmes interprétée par Robert Downey Jr, survolons sans prétention quelques oeuvres liées au locataire du 221 B Baker Street auxquelles j’ai pu être confronté.

LE CINEMA

Sherlock Holmes, avec Basil Rathbone (1939-46)

J’ai pu découvrir cette série de 14 films, débutée par le Chien des Baskerville en 1939, lors d’un cycle diffusé sur Arte il y a quelques années. Pas mal de libertés scénaristiques seront prises avec le personnage dans ces films réalisés durant la Seconde Guerre Mondiale, transformant certains de ces films en de vraies oeuvres de propagande anti-nazis. On notera tout de même un duo Basil RathboneNigel Bruce qui fonctionne très bien et le succès indéniable qu’auront eu ces films à l’époque… Malgré leur ancienneté, ce ne sont malgré tout pas les premières adaptations ciné du détective : la première étant un film muet du tout début du XXème siècle.

 

 

Le Chien des Baskerville, avec Peter Cushing et Christopher Lee (1959)

La célèbre Hammer, société de production ayant offert de célèbres versions de Dracula, Frankenstein, etc, a aussi eu l’occasion d’adapter Holmes avec le roman Le Chien des Baskerville (loin d’être mon histoire préférée mais sans doute la plus connue – on me l’a même fait étudier à l’école, c’est dire !). Ce fut un one-shot : le public de la Hammer étant exclusivement friand des monstres que j’ai cité ci-dessus. Par contre, Peter Cushing (le fameux baron Frankenstein ou le chasseur de vampires Van Helsing chez la Hammer) reprendra son rôle de Holmes dans une série quelques années plus tard…

 

 

Le Secret de la Pyramide, de Barry Levinson (1985)

Le titre VF est trompeur : il s’agit d’un film américain nommé Young Sherlock Holmes à l’origine. Amusante adaptation pour la jeunesse, où les héros se rencontrent sur les bancs de l’école, l’ambiance était un peu celle d’un Harry Potter avant l’heure mêlant fantastique et époque victorienne. Totalement irrespectueux du matériel d’origine évidemment, mais sympa à voir quand tu es gamin (ce fut mon cas). Pour l’anecdote, Barry Levinson réalisera dans les 3 ans qui suivirent pas moins que Good Morning Vietnam et Rain Man

 

 

Sherlock Holmes, par Guy Ritchie (2009)

Cette version, qui est le 1e film avec Holmes à sortir en 20 ans (le précédent datant de 1988), est traitée de manière ultra-moderne avec des effets visuels “so 21ème siècle” et une réalisation très orientée action par Guy Ritchie. Les trouvailles visuelles pour traduire l’intellect du héros même dans les scènes de combat sont assez bien pensées même si l’aspect polar perd un peu dans un tel foisonnement. Le divertissement est bon mais surprend l’amateur du personnage, qui l’imagine plus dans un certain flegme… britannique que dans un film pop-corn façon hollywood.

 

 

LES SERIES TV

Sherlock Holmes, avec Basil Rathbone (1949-54)

Non, ce n’est pas un copier-coller qui a foiré : après ses 14 films, Basil Rathbone est resté dans la peau de Sherlock durant pas moins de 262 épisodes de 30 minutes pour la BBC avec toujours un propos anti-nazi très marqué. Des irrégularités dans la qualité bien sûr mais un divertissement honnête dans le genre.

 

 

Sherlock Holmes, avec Jeremy Brett (1984-94)

On tient sans doute la meilleure adaptation “ever” du personnage. Produite par Granada Television et avec l’excellent et regretté Jeremy Brett dans le rôle titre, cette série adaptera avec un respect déconcertant l’oeuvre originale de Conan Doyle. D’ailleurs cette série est l’une des adaptations les plus reconnues par les “holmésiens” les plus intégristes. Multidiffusée sur France 3 et TMC en France, on regrettera que la mort prématurée de l’acteur principal empêchera de voir l’intégralité de l’adaptation se faire (mais 43 aventures sur 60, c’est déjà pas mal !).

 

 

Sherlock, par Steven Moffat et Mark Gatiss (2010)

Impressionnante adaptation aux années 2000 du détective londonien par ceux à l’origine de la récente réinterprétation de Jekyll, du scénario du Tintin de Steven Spielberg et de la destinée du Doctor Who actuel : le jeu d’acteur de Benedict Cumberbatch empreint de sociopathie est également remarquable (l’acteur va être prochainement à l’affiche de La Taupe face à Gary Oldman et John Hurt). Pour plus d’info, je vous laisse aller consulter ma critique sur Le Blog du Cinema.

 

 

LES DESSINS ANIMES

Sherlock Holmes, par Hayao Miyazaki (1984-85)

Avant d’être reconnu internationalement comme le Disney japonais avec son studio Ghibli (Totoro, Mononoke, Chihiro, Arrietty…), Miyazaki a travaillé sur de libres adaptations de romans européens : le film Le Château de Cagliostro (avec Lupin III en héros, arrière petit fils du Arsène Lupin de Maurice Leblanc, connu en France sous le nom d’Edgar de la Cambriole) et la série animée de 26 épisodes Sherlock Holmes, avec des personnages canins. La série est mignonne et emprunte plus à l’imagination de Miyazaki avec des véhicules assez improbables qu’au canon de Conan Doyle. Un excellent divertissement pour les enfants.

 

 

Basil, détective privé, par Disney (1986)

On change les chiens de Miyazaki en souris, on modifie les noms des personnages, on assombrit un peu le tout et on obtient le Sherlock Holmes animé de Disney dans leur 33ème film : Basil, Détective Privé, adapté d’une série de 5 livres pour enfants Basil of Baker Street. Sans doute le Disney pré-années 90 que j’ai le plus usé en VHS, avec un doublage VF de qualité (Roger Carel en Basil, Gérard Rinaldi en Ratigan), et une chanson de Ratigan qui reste bien en tête… Ooh Ratigan !

 

 

LES BANDES DESSINEES

Holmes, par Luc Brunschwig et Cecil (2006)

Il s’agit là d’une BD traitant de la période suivant la mort théorique de Holmes, où Watson est confronté à la famille du défunt détective qui le considère comme un drogué s’étant simplement suicidé et va enquêter sur son ami. L’ambiance est sombre, l’idée intéressante et le graphisme assez chiadé. C’est sorti chez Futuropolis et il y a 2 tomes à l’heure où j’écris ces lignes.

 

 

Sherlock Holmes, un comic-book Dynamite (2009)

Sincèrement, c’est assez faible. Ecrit par Leah Moore et dessiné par Aaron Douglas, le meilleur de cette mini-série, c’est sans doute les couvertures dessinées par John Cassaday (Planetary). Dynamite Comics est spécialisé dans les adaptations et sert en général une sorte de soupe, pas mauvaise en soi mais guère exceptionnelle (Tarzan, Red Sonja, Green Hornet, Lone Ranger, Zorro…) : Holmes ne déroge pas à la règle avec du polar basique.

 

 

Les Quatre de Baker Street, par Jean-Blaise Djian, Olivier Legrand et David Etien (2009)

Ici, on n’est pas confronté à Holmes lui-même mais à ses Irréguliers : un groupe d’enfants des rues qui aide périodiquement le détective dans ses enquêtes dans l’oeuvre de Conan Doyle. Ici, ce sont eux qui mènent l’enquête en suivant le modèle de Sherlock, accompagnés d’un chat nommé… Watson. Une BD sympathique et joliment dessinée, dont le 3ème tome est sorti en septembre dernier chez Vents d’Ouest.

 

 

EN BREF…

Je n’ai pas l’âge et n’ai jamais eu la curiosité de m’intéresser aux adaptations radiophoniques du personnage mais il en existe des tas. De même, je n’ai jamais eu l’occasion d’approcher un jeu vidéo Sherlock Holmes mais à ma connaissance, ils restent globalement cantonnés au support PC et le dernier en date, Sherlock Holmes contre Jack l’Eventreur, a de bonnes notes sur les sites spécialisés.

Pour compléter ce panorama évidemment non exhaustif, il ne nous reste plus qu’à aller voir Sherlock Holmes 2 : Jeux d’Ombres qui sort la semaine prochaine (25/01/2012) en salles obscures. Elémentaire mon cher…

 

 

Dans le studio Ghibli : travailler en s’amusant

Dans le studio Ghibli : travailler en s’amusant est un ouvrage paru au Japon en 2008. Traduit chez la filiale manga de Dargaud (Kana) en octobre 2011, ce livre traitant du fameux studio d’animation japonaise d’Hayao Miyazaki et d’Isao Takahata a été écrit par un proche de ces deux mastodontes du cinéma d’animation nippon avec un parti-pris très autobiographique.
En effet, Toshio Suzuki conte de façon très personnelle et à travers nombre d’anecdotes sa rencontre, son incompréhension puis le partage d’une vie de travail avec ces deux “ouvriers” de l’animation qui vont donner au studio Ghibli les lettres de noblesse qu’on peut lui connaître désormais. De la fondation du magazine japonais Animage en 1979 jusqu’à la fin de ses fonctions de dirigeant du studio en 2007, on apprend au fil des pages par le parcours professionnel de l’auteur le perfectionnisme et le caractère si particulier de ces créateurs, mais également leurs relations empreintes de respect comme d’opposition.
De même, ce livre permet de découvrir également l’importance de son auteur méconnu dans la conduite du studio. Hayao Miyazaki dira même de lui que “sans Suzuki, Ghibli n’aurait jamais existé”, assez évident sachant que c’est celui-ci qui l’a poussé à créer Nausicäa de la Vallée du Vent. Et de là en découle la définition d’un rapport parfois étrange entre un auteur-réalisateur très particulier que pouvait être Miyazaki, fonctionnant à la mémoire pour ses recherches graphiques, ne connaissant pas toujours la fin de son histoire avant d’y être rendu, etc et un producteur se devant d’être un miroir honnête plus qu’un admirateur et ayant des considérations moins artistiques par moment. Pour compléter le tableau, il est bon de préciser que Suzuki a produit les perles qu’ont pu être Porco Rosso, Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro, Le Château Ambulant, Ponyo sur la Falaise ou encore le récent Arrietty, le Petit Monde des Chapardeurs…Globalement, Dans le studio Ghibli : travailler en s’amusant permet de rentrer dans l’intimité de ce studio relativement original dans son fonctionnement, dans un style très fluide et très vivant par l’usage de ses nombreuses anecdotes comme, par exemple, comment Isao Takahata s’est retrouvé à produire Nausicäa après l’avoir préalablement refusé à Hayao Miyazaki, la réaction de ce dernier et le rôle de l’auteur dans le règlement de ce “conflit”. Si Ghibli reprend le nom d’un vent chaud du Sahara, l’histoire de ce studio et des hommes qui l’ont fait vivre jusqu’à présent telle que racontée dans ce bouquin en 226 pages est tout… sauf du vent.
EAN : 9782505012511
Prix : 12,50 €

Ubik (Philip K. Dick)

J’étais complètement passé à côté d’Ubik, roman de Philip K. Dick (Blade Runner, Le Maitre du Haut Chateau) écrit en 1966, désormais un classique de la science-fiction. Et j’ai toujours eu un problème avec les oeuvres super-côtées qui me déçoivent ensuite souvent (surtout si j’ai lu/vu certains remakes “modernisés” entre temps).

 

Et bien, je dois avouer que j’ai été assez bluffé par Ubik. Pas tant par sa construction, mais surtout pour la quantité de thèmes abordés qu’ils soient science-fictionnesques, critiques ou désabusés. Le postulat de base est un monde futuriste ultra-capitaliste (où l’on doit par exemple payer pour simplement ouvrir une porte) où Greg Runciter et Joe Chip montent une équipe d’Anti-Psis pour lutter contre les Psis d’une société concurrente dirigée par un certain Rollis – les Psis et Anti-Psis étant des humains doté de pouvoirs télépathiques ou précognitifs divers. Et tout ne se passe évidemment pas comme prévu… Mais à partir de ce postulat de base, ce roman nous emmènera au frontière de la vie et de la mort avec des réflexions parfois philosophiques (étant donné que dans ce monde, il existe un état de “semi-vie”), mais également dans un entremêlement de réalités (si vous voulez une analogie cinématographique : genre Inception en pire), de voyage dans le temps, etc… Avec un mystérieux Ubik à l’utilité et raison d’exister inconnue…Bref, difficile de retranscrire fidèlement les idées présentes au sein de ce bouquin tant celui-ci foisonne de concepts imbriqués minutieusement comme le jusqu’au-boutisme de l’idée de paradoxe temporel retranscrit avec brio mais perdant forcément un peu le lecteur inattentif. De même, la réflexion sur la notion d’âme en semi-vie au début du roman est également intéressante en opposant un peu modernité et mysticisme. Dans la forme, je trouve qu’un tel foisonnement qui tient en 270 pages sans temps mort ni ellipse dommageable pour la compréhension tient de l’exploit. On notera un procédé efficace de la part de Philip K. Dick pour faciliter la compréhension du lecteur en faisant résumer ou poser des questions légitimes par l’intermédiaire des personnages du roman.

J’ai donc lu Ubik et je comprend désormais son statut d’indispensable de la littérature SF mais je ne vois pas comment mieux que lire par vous-même ce roman pourra vous convaincre vous aussi.