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(c) Marvel Studios

2014 : Les mecs en collants sur nos écrans

Je ne remonterai pas jusqu’aux premières apparitions de Georges Reeves en Superman, ni même à la série Batman des années 60 avec Adam West et Burt Ward (dont l’intégrale est désormais dispo en DVD : pour le cadeau de Noël honteux c’est ICI) ou encore aux films de l’homme chauve-souris par Tim Burton, mais les années 2000 ont bien installé les super-héros américains sur les petits et grands écrans. Après des jalons posés au cinéma par Sam Raimi et son Spider-Man et Bryan Synger et ses X-Men, le genre s’est clairement imposé avec la trilogie Dark Knight de Christopher Nolan débutée en 2005 et le 1er Iron Man de Jon Favreau sorti en salles en 2008.

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Extrait de Snapshot

[Comics] Snapshot

Cover de Snapshot

Auteur : Andy Diggle et Jock
Edition : Urban Comics, Collection Indies

Fruit d’une énième collaboration entre le scénariste Andy Diggle et du dessinateur Jock, tous deux britanniques de leur état ayant débuté dans la revue 2000AD en Grande Bretagne et notamment connus pour leurs récents travaux chez DC Comics sur Batman, Hellblazer, Green Arrow (vous savez désormais d’où vient le nom du garde du corps d’Oliver Queen dans la série TV Arrow), ainsi que sur The Losers qui s’est déjà vu adapté au ciné en 2010. Snapshot est un comic-book paru dans la revue britannique Judge Dredd Magazine,  puis en 4 numéros chez Image Comics aux USA et en France en un volume chez Urban Comics.

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Urban Comics : Premières impressions

Après Sagédition, Arédit, Artima, Semic et dernièrement Panini, Dargaud a récupéré la licence DC Comics depuis le début d’année. Pratiquant en grande partie les comics en version originale, j’ai quand même réservé à la VF (en plus de certaines séances de rattrapage) quelques licences : les titres Spiderman et X-Men chez Panini, Star Wars et Hellboy chez Delcourt, et enfin Batman et les titres Vertigo désormais chez… Urban Comics, le label comic-book de Dargaud, fraîchement créé pour l’occasion.

J’avais pu feuilleter l’énième réédition de Watchmen par laquelle l’éditeur a démarré qui me semblait convenable en terme éditorial / traduction / etc mais possédant déjà la version Delcourt, je n’ai évidemment pas craqué. En revanche, j’ai depuis ce week-end pu tester le travail de ce nouvel éditeur via 3 titres : le périodique kiosque Batman Showcase, le 1e opus en librairie de Batman : Sombre Reflet et une mini-série mettant en scène John Constantine dans Les dossiers d’Hellblazer.

 

L’aventure kiosque d’Urban Comics démarre avec la suite d’une récente série dont les 1ers numéros ont été publiés par Panini : Batman Incorporated, écrite par Grant Morrison. Pour 5,60 €, on a droit à 4 épisodes de cette série (#5-8). Si je ne suis pas son plus grand fan, je trouve que le taff de Morrison sur ce titre est honnête même si le concept du club international de Batmen me fait sourire… Si maintenant la publication de DC en France commence à avoir une certaine régularité depuis une douzaine d’années (fin Semic + Panini), je trouve le taff d’Urban sur la partie éditoriale très intéressante pour les nouveaux lecteurs (et même pour moi qui a zappé quelques aventures). Les histoires récentes arrivées à Batman sont évoquées en 2 pages et ne font pas l’affront de résumer ça au texte canonique style Batman = Bruce Wayne, etc. Chaque épisode est ensuite précédé d’une page où chaque personnage de l’épisode est présenté en 4 lignes. Et à la fin, on retrouve un organigramme simple pour resituer tout ça : en gros, on peut dire qu’il s’agit d’un sans-faute de ce côté là…

 

 

 

 

En passant du côté de la librairie, le format choisi pour les 2 titres (Batman et Hellblazer) est plus proche du format utilisé par Delcourt (couverture cartonnée, dos et tranche noirs) que de celui de Panini (plus coloré et surtout en souple). Urban Comics profite éditorialement de l’expérience de ses concurrents. L’ensemble est sobre et assez classe. Le Hellblazer fait 14 € avec une sympathique mini-série écrite par Si Spencer et surtout dessiné par l’excellent Sean Murphy (Joe The Barbarian). L’éditorial est ici simple : 2 pages qui résument les grandes lignes de la série et de son ancienneté aux USA.

 

 

 

Meilleur encore : le Batman Sombre Reflet 1ère partie. L’histoire proposée par Scott Snyder et mise en images par Jock et Francesco Francavilla est déjà en elle-même une très bonne histoire de Batman à mon goût, très détective urbain (tiré de Detective Comics d’ailleurs), avec au départ une vente aux enchères de gadgets de super-vilains… Cette excellente surprise est en plus enrobée dans un bel écrin avec en bonus un mini-sketchbook de Jock et Francavilla, une présentation des personnages, les couvertures originales et surtout une excellente idée inspirée du système qu’a Delcourt dans les titres Star Wars : une “simple” frise chronologique qui place l’aventure du bouquin sur une timeline DC où apparaissent les principaux crossovers ou events de l’éditeur.

 

 

 

“Un fanboyisme Urban Comics déjà ?” allez vous me dire… Pas vraiment : les autres titres proposés ce mois en inédit VF ont été bizarrement choisis par exemple. Le Wonder Woman comme le Superman sont assez moyens en eux-mêmes et ne méritaient pas le même traitement que l’excellent thriller batmanien dont je viens de parler (surtout pour le prix). De même, pour 1 € de moins je trouve que l’absence du cahier de 16 pages “bonus” d’Hellblazer faute de matériel ou de volonté éditoriale par rapport au matos du Batman fait un peu chiche. Et puis difficile de se faire un avis (positif ou négatif) quand on a seulement quelques jours de recul et 3 titres en main mais en comparant aux premiers titres DC par Panini, ça semble plus pro (Batman) ou au moins équivalent (Hellblazer). Mais je sais aussi que les premiers titres Marvel France (Panini) semblaient être la panacée après Semic et quand on revoit le contenu des numéros 1 kiosque de cette époque, ça fait peur, donc bon, il faudra voir sur la durée même si la première approche est globalement très positive.

 

 

 

New 52 – Justice League International #1-2

Dans les comic-books d’équipes de super-héros, j’avoue que j’ai toujours préféré les “challengers”, les nouveaux venus avec des line-up globalement obscurs avec des personnages moins exposés que les Big Guns de chacune des compagnies d’édition. Forcément le titre Justice League International m’attirait plus à priori que la Justice League de Johns/Lee, d’autant plus que j’aimais beaucoup la première mouture du titre très humoristique post-Crisis on Infinite Earths par Keith Giffen, JM DeMatteis et Kevin Maguire. Toutefois, je craignais également la continuation d’un certain acharnement à démolir cette équipe qui a subi moults dénaturations ou morts de personnages ces dernières années. Alors verdict ?

 

Le premier constat quand on prend ce nouveau comic-book, c’est que le trait d’Aaron Lopresti est très plaisant à regarder : pas aussi caricatural qu’un Maguire mais aux visages très expressifs, et un dessin net et sans bavure, peut être un peu trop sage parfois dans son découpage mais extrêmement lisible. On n’en est pas encore aux expérimentations ou aux très nombreuses cases de la version Giffen mais le rythme de lecture est bon.

En rentrant un peu dans le détail, on assiste à la formation de cette équipe : il s’agit donc là d’un réel reboot effaçant (de manière un peu regrettable sans doute) le passif de cette équipe composée de Booster Gold (venu du futur) Guy Gardner (un Green Lantern), Red Rocket, Vixen, Godiva, August General of Iron,  Fire, Ice et Batman. La formation de cette équipe internationale est liée aux Nations Unies et on peut regretter les ficelles un peu grosses et caricaturales de la caractérisation des personnages par leur origine (le russe, le chinois, l’américain, etc). Par contre c’est évidemment un vecteur d’humour assez intéressant. Le choix de Booster Gold en tant que leader par le scénariste Dan Jurgens (l’homme qui a tué Superman à l’époque !) n’est certes pas anodin car il a maitrisé la destinée du personnage pendant sa propre série à 2 reprises (dont une juste avant le reboot) mais n’est pas inintéressant pour faire encore “grandir” le personnage et continuer à lui donner de plus en plus de visibilité (d’autant plus qu’un projet de série télé pour SyFy fait parler de lui).

 

Grosso modo, le cocktail humour / action est bien dosé. Et on a quand même affaire à une équipe de super-héros “classiques” : c’est à dire ni en proie à des névroses existentielles comme les X-Men ou essentiellement composée de personnages majeurs comme la Justice League ou les Avengers. La part belle est donnée à des personnages “secondaires” mais pas inconnus et on sent une certaine liberté dans la maitrise de ceux-ci par le scénariste. On regrettera toutefois après deux numéros de ne pas retrouver tout à fait l’alchimie de la version d’origine mais le titre a un potentiel certain pour tout amateur de “vrais” super-héros à qui il peut “réellement” arriver quelque chose.

Du moment que l’on aime le genre super-héroïque, j’aurai tendance à recommander Justice League International qui sortira en TPB aux USA en mai 2012.

Quand Geoff Johns et Jim Lee relancent la Justice League en 2011...

New 52 – Justice League #1-2

On rentre dans le vif du sujet du reboot de DC Comics en commençant par Justice League.

 

Ce premier titre est le porte-étendard de ce relaunch : il est le premier à sortir fin aout et ses couvertures ont été l’introduction médiatique de l’opération éditoriale auprès du public. Et comme dans quasiment toutes les moutures de ce comic-book, il regroupe les héros les plus emblématiques de DC Comics que peuvent être Superman, Batman, Flash, Green Lantern, etc… Il bénéficie ici d’un traitement de faveur avec une team artistique “bankable” avec le retour de Jim Lee aux dessins qui, à part 2 runs sur Batman puis Superman dans la première moitié des années 2000 et de sporadiques All-Star Batman & Robin (10 numéros sur 3-4 ans), n’a rien fait de notable et durable après ses fameux X-Men au début des années 90 trop accaparé par sa maison d’édition Wildstorm. On peut aimer ou ne pas aimer Jim Lee pour son style (avec des personnages parfois trop “poseurs”) mais on ne peut nier qu’il livre, quand il est en forme, des planches assez esthétiques et bien rythmées. Au scénario, c’est un autre poids lourd de DC que l’on retrouve en la personne de Geoff Johns : le scénariste est devenu au fil des années l’architecte du DC Universe passant du rang de simple scénariste (productif) de Flash, JSA ou encore Teen Titans au poste de Chief Creative Officer de l’éditeur, chargé de la cohérence des productions du DC Universe. On lui doit également la remise au goût du jour et le gros succès de la licence Green Lantern, moribonde avant lui, et l’écriture de 2 crossovers importants dans la timeline DC pré-relaunch : Infinite Crisis et Blackest Night.
Le parti-pris de ce premier run de la nouvelle mouture de la Justice League post-reboot est de conter (pour une énième fois il faut l’avouer) la rencontre des différents membres et la formation de la super-équipe 5 ans avant le début de cette nouvelle continuité de l’univers. On commence donc par une rencontre Batman-Green Lantern dans le premier numéro d’abord opposés puis se retrouvant face à une nouvelle menace qui va les pousser à rechercher d’autres compagnons. Comme ces quelques lignes l’expriment, les deux premiers numéros que j’ai pu lire ne présentent qu’un scénario extrêmement classique, vu et revu que ce soit en comic-book mais aussi dans n’importe quel roman d’aventure ou shônen manga avec la constitution d’un groupe “pour sauver le monde”. Toutefois, le rythme et les dialogues sont bien pensés : l’action est très présente et des dialogues finement choisis posent très bien les relations et les caractères des différents personnages. On retrouve autant en quelques cases le Batman cynique, le Green Lantern imbu de sa personne ou encore le Flash gentil et doté d’un certain sens de l’humour, etc… Bref, les caractéristiques principales des personnages pré-relaunch sont encore là, expliquées vite… et bien ! Le dessin de Jim Lee comme l’encrage de son compère Scott Williams sont à l’un des meilleurs niveaux que l’on peut espérer de ceux-ci sur une série régulière : moins statique que parfois, moins iconique/”poseur” qu’à l’accoutumée. En effet, la construction des cases n’est pas celle d’une couverture cette fois : le rythme de l’action ou la précision des dialogues sont mis en valeur avec un dessin au service de l’histoire, contrairement à ce que Jim Lee nous a parfois servi précédemment. Et, malgré tout, son talent s’exprime très bien au sein de ce titre.

 

Après deux numéros, si je ne peux pas encore dire si l’ensemble sera totalement cohérent ou si le scénario renfermera un twist surprenant, il est évident que l’on a ici un titre presque totalement dévoué aux nouveaux lecteurs : simple dans son approche et didactique mais également bourré d’action. Le rythme ne faiblit pas sur la quarantaine de planches qui composent ces deux premiers numéros. Le talent de Johns et de Lee fait qu’un ancien lecteur comme moi qui reconnaît les défauts de ce type d’aventure (ultra réchauffée) prendra quand même un certain plaisir à lire ce titre comme on a plaisir à parfois regarder un blockbuster pop-corn au cinéma avec une intrigue très simple et classique mais un traitement de l’action bien rythmé et quelques touches d’humour bien senties. Et voilà ce qu’est Justice League à priori : un blockbuster bien réalisé ; les moyens sont là (la team artistique de luxe), l’aventure et l’humour sont au rendez-vous (avec par exemple Batman qui subtilise la bague de Green Lantern devant lui pour voir comment elle fonctionne, froissant évidemment l’ego d’Hal Jordan) et les personnages en présence sont des “stars”. Reste un scénario un peu simpliste, notamment pour les vieux briscards, mais on a parfois envie de poser son cerveau à l’entrée d’une salle de ciné pour se détendre devant un film classique mais bien calibré. On peut en faire de même en lisant ce Justice League.A noter que si les 2 premiers numéros “single” (une vingtaine de pages) sont sans doute encore facilement trouvables en VO, la VF va très probablement être éditée courant 2012 par Urban Comics et un recueil des 6 premiers numéros (trade paperback) est prévu aux USA pour mai 2012 pour 24,99 $ en Hardcover (couverture cartonnée).