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[Pilote] The Crazy Ones

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Diffusion : CBS
Format : 22mn

 

DE QUOI CA PARLE ?

Ah les membres d’une même famille qui bossent ensemble, ça fait souvent des étincelles à la télévision ! Ici, c’est au sein d’une agence de pub de renom que ça se passe où l’excentrique Simon Roberts est souvent confronté à sa fille Sidney, bien plus stressée par les problématiques de son job.

CA RESSEMBLE A QUOI ?

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MAIS POURQUOI TU AS REGARDE CA ?

De prime abord, c’est le casting aux allures de luxueux come-back qui m’a intrigué : on retrouve ici Sarah Michelle “Buffy” Gellar face à Robin Williams (Jumanji, Hook, etc), tous deux un peu passés aux oubliettes depuis quelques années (avec notamment un retour avorté pour la première avec Ringer). Mais l’autre aspect intrigant, c’est de retrouver David E. Kelley comme créateur de la série : s’il n’a pas été très chanceux ou inspiré récemment, il reste celui à avoir créé Ally McBeal, Boston Legal, Boston Justice, The Practice, Chicago Hope, Picket Fences

ET AU FINAL CA DONNE QUOI ?

Décousu, plein de bons sentiments et simpliste à la fois : pas très engageant comme description de ce pilote mais honnête. Toutefois, et de manière très surprenante, ce premier épisode de The Crazy Ones fonctionne ! Porté par le capital sympathie d’un Robin Williams faisant du… Robin Williams en jouant sur un registre mi-clown, mi-enfant et d’une Sarah Michelle Gellar que l’on n’avait pas vu aussi à l’aise dans un rôle depuis très longtemps, ce pilote introduit ses personnages et ses enjeux de manière efficace avec le grain de folie nécessaire pour que la mayonnaise prenne. Seul vrai bémol, et pas des moindres, si la bonne humeur qui transpire de l’épisode est très plaisante, on se rend compte qu’on a finalement peu ri pendant celui-ci. Dangereux pour une comédie évidemment, mais le genre est également très difficile dans sa mise en place et ce pilote donne tout de même envie d’en voir plus. Le pari n’est pas gagné mais l’essai peut encore se révéler transformé dans quelques semaines.

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[Pilote] Marvel’s Agents of SHIELD

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Diffusion : ABC
Format : 42mn

DE QUOI CA PARLE ?

Le SHIELD est une organisation secrète d’espionnage qui veille contre des menaces à tendance “extraordinaire” dirigée par le colonel Nick Fury. Ici, on va suivre les aventures d’une unité dirigée par l’Agent Coulson, agent qui a notamment été en liaison avec Iron Man, Thor et l’ensemble des Avengers

CA RESSEMBLE A QUOI ?

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MAIS POURQUOI TU AS REGARDE CA ?

C’est sans doute la série dont il était le plus évident que j’en ferai le test un jour ou l’autre en bon fan de comic-book, Marvel entre autres. Joss Whedon, réalisateur du film Avengers et anciennement créateur de Buffy et de Firefly, est aux commandes (il réalise d’ailleurs le pilote) avec son petit frère Jed et sa compagne Maurissa Tancharoen qui ont déjà travaillé sur les séries Spartacus et Dollhouse. Et surtout, on retrouve le personnage le plus cool du Marvel Cinematic Universe, à savoir l’agent Coulson, interprété par Clark Gregg (qui m’était déjà sympathique dans la sitcom Old Christine.

ET AU FINAL CA DONNE QUOI ?

Si l’on excepte une trame affreusement classique en ce qui concerne l’aventure racontée dans ce premier épisode et des traits grossiers de mise en place d’une équipe qui n’en est pas vraiment une, Marvel’s Agents of SHIELD est tout bonnement “cool”. Joss Whedon reprend les bases posées dans son film Avengers pour ancrer sa série dans le Marvel Cinematic Universe et propose des dialogues efficaces pour créer l’alchimie entre les différents personnages. Bien sûr, ceux-ci sont pour l’instant un peu effacés dans cette phase d’introduction mais leur potentiel est certain et on peut faire confiance à Whedon pour créer des groupes à partir de rien (le Scooby-gang de Buffy, l’équipage du Serenity dans Firefly…). Pour le point de vue technique, la série reste ambitieuse malgré des effets spéciaux un poil cheap faute de budget mais l’ensemble est bien rythmé et on se laisse prendre facilement au jeu. On est ici dans le pur divertissement : l’humour et le côté pop-corn fonctionnent à fond. On attend juste de voir ce que les intrigues et les personnages ont sous le capot car ce pilote reste assez superficiel dans le domaine. Ah et mention spéciale à Coulson et Lola qui rajoutent une dose de classe à ce pilote.

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Sériephilie à la française : 1992-2012

La sériephilie est certes devenue très populaire en France avec l’avènement de l’internet haut-débit et des réseaux P2P mais aussi via, on l’oublie souvent, une meilleure exposition télévisuelle, elle n’a néanmoins pas attendu la technologie 2.0 pour apparaître. Avec ce billet, on va tenter un petit retour historique (non exhaustif) là dessus et un état des lieux.

Un bref rappel historique d’abord. En gros, les pays anglophones et la France ont démarré la production de séries télévisées après la 2nde Guerre Mondiale : si elles étaient au début en France une accroche parmi les variétés ou l’information pour convaincre le public de la nécessité de posséder un poste de télévision chez soi (pour regarder Les 5 Dernières Minutes, Zorro, Chapeau Melon et Bottes de Cuir ou encore Thierry La Fronde), au milieu des années 70 la critique a commencé à avoir la dent dure envers les fictions télévisuelles, en particulier américaines, les considérant comme un genre mineur, à vocation commerciale et souvent de bas niveau intellectuellement parlant (le tout parfois recouvert d’anti-américanisme certain).

Les chaines hertziennes ont malgré tout profité à fond du relatif faible coût de ces “produits” télévisuels pour remplir leurs grilles (notamment par le biais de rediffusions régulières). Fin des années 80 et début des années 90, les “petites” chaines de l’époque qu’étaient M6 et La 5 (celle de Berlusconi) ont permis de découvrir et redécouvrir de très nombreuses séries comme Star Trek, K2000, Supercopter, Twin Peaks, La Quatrième Dimension, Mike Hammer, La Belle et la Bête, etc là où les “grandes” chaines se concentraient plutôt sur des productions françaises au format du prime-time français (90 mn comme Navarro, Julie Lescaut, Maigret, etc) ou des soaps américains comme Dallas, Côte Ouest ou… Les Feux de l’Amour. A cette époque, la VHS balbutiait à peine et véritablement seules les chaines de télévision pouvaient permettre d’accéder à ce genre de fictions, assez suivies mais peu considérées.

Il sera sans doute difficile pour les générations suivantes (ou pour ceux qui ont la mémoire courte) d’imaginer un monde où la culture audiovisuelle “gratuite” (la redevance existait déjà depuis 1933, pour les postes de radio à l’époque) ne passait quasiment que par le “robinet” télévisuel mais en effet, les chaînes françaises étaient les seules détentrices du pouvoir de diffusion de ces oeuvres spécifiques (et conçues pour elles, il ne faut pas l’oublier) et les diffusaient à leur convenance, des années après parfois, en bouche-trou ou dans le désordre par moment. L’information sur les productions américaines était d’ailleurs quasi-nulle à part quelques mentions éparses dans la presse cinéma (et encore plutôt dans les magazines traitant des films de genre comme L’Ecran Fantastique ou Mad Movies) ou discrètement dans les Télé7Jours et autres TéléLoisirs. C’est durant les années 90 qu’un premier cap va être franchi et qui va lancer la sériephilie que je qualifierai “de masse”.

Si l’excellent fanzine (puis magazine) Génération Séries débute en 1991 et la très bonne émission sur Canal Jimmy, Destination Séries, animée par Jean-Pierre Dionnet et Alain Carrazé (l’une des références sur le sujet en France) en 1992, annonçant les prémisses d’un changement de statut des séries télé en France. C’est il y a 15 ans, entre 1994 et 1996, que le virage va être pris de manière notable. Après un progressif retour des séries télévisées un soir ou deux en semaine sur les chaines hertziennes, X-Files (Aux Frontières du Réel) et E.R. (Urgences) vont créer la différence. La première va générer autour d’elle une base de fans et un buzz important autour de ses théories du complot et créera de multiples magazines spécialisés estampillés séries mais souvent “people spécial X-Files”. L’autre va faire bouger les lignes du service public : en effet, France Télévisions était jusque là très hostile aux séries américaines sur son antenne privilégiant généralement des séries européennes (dont le “fameux” Inspecteur Derrick) alors retrouver une série américaine en prime-time : quelle révolution ! Parallèlement à cela, le câble via Canal Jimmy et Série Club fait évoluer ses grilles et propose les séries dont les grandes chaînes ne voulaient pas avec notamment des séries de niche comme les spin-offs Star Trek ou les séries HBO/Showtime mais également le démarrage du phénomène Friends.

Surfant sur les succès de X-Files, Friends puis aussi très rapidement de Buffy The Vampire Slayer, les chaines de télévision trouvent le filon et multiplient les diffusions de séries. On peut se souvenir des Samedis Fantastiques ou de la Trilogie du Samedi Soir (copie de la “thrillogy” de NBC) de M6 mais même TF1 a proposé une soirée de ce type avec la combinaison de Picket Fences (bien !), Walker Texas Ranger (argh !) et de Les Dessous de Palm Beach (re-argh !) les vendredis soirs en 1997. De même, M6 n’hésitera pas à créer des “soirées spéciales” autour de séries qui marchent sur son antenne comme une consacrée à Code Quantum un samedi soir avec des épisodes marquants de la série. Elles diminuent progressivement la quantité de rediffusions au profit de la multiplication de séries à toute heure (laissant d’ailleurs aux chaines du cable et satellite des miettes ou des rediff’ alors qu’elles avaient participé à la formation de ce buzz sériephile grâce à des politiques éditoriales en terme de séries parfois audacieuses). Le démarrage de la diffusion d’internet et par là même d’échanges entre fans, d’avis et d’informations (comme des guides d’épisodes, etc) ainsi que le merchandising à outrance accélère le phénomène (je dois avouer que si les mugs Buffy me laissaient de marbre, j’avais été bien content d’avoir une revue VF Star Trek Magazine à l’époque).

Au bout de quelques années, il y aura de la casse (disparition du magazine Générations Séries à cause de la concurrence d’autres mags plus racoleurs et des sites web balbutiants, disparition de l’émission Destination Séries en 2002, arrêt de certaines collections d’ouvrages traitant de ce type de sujet comme Le Guide du Téléfan ou Huitième Art Editions par exemple…) mais également de belles évolutions comme la progressive maturité d’un marché des supports vidéo : les VHS unitaires peu remplies, encombrantes et coûteuses (pour mémoire les 5 premières VHS de Star Trek La Nouvelle Génération contenant grosso modo l’équivalent d’une dizaine d’épisodes revenaient neuves à environ 600 FF soit 90 € actuels) ont laissé place d’abord à des DVD unitaires proposant la VOST en bonus, puis aux coffrets de saison en 2 parties avant d’arriver à la norme actuelle d’une saison de 24 épisodes à 30-40 €, soit 20% du prix des premières éditions VHS avec VOST et parfois bonus en prime…

Au milieu des années 2000, le passage généralisé en France à l’ADSL fait d’internet, non plus un simple vecteur publicitaire ou un espace de discussion “bon enfant”, mais un concurrent aux diffuseurs et aux éditeurs vidéos. Oubliée la dizaine de minutes pour obtenir une simple image de sa série préférée, on se retrouve via le P2P à avoir à disposition de plus en plus rapidement les épisodes de ses séries préférées, en version originale sous-titrée (chose que les chaines de TV ne proposait pas encore). Et de nouvelles séries en profiteront : Lost, 24, Heroes, etc… Laissant plus ou moins faire, ou ne jaugeant pas encore le phénomène grandissant, les diffuseurs s’en sont même parfois servi pour tester le marché tant que celui-ci progressait. Par ailleurs, il faut bien reconnaître que les moyens techniques se démocratisant, ils ont progressivement développé leurs offres dans le bon sens en identifiant des demandes du marché via les exigences des fans sur cette offre pirate : la Version Multilingue pour les chaînes de télé (pas systématique néanmoins à ma connaissance), la VoD (encore complexe mais plus rapide en terme de diffusion avec des séries à peine diffusées aux USA en VOST et exploitant à merveille le “pouvoir de la flemme” vis-à-vis des supports physiques), la télévision de rattrapage qui permet pendant une semaine de ne pas dépendre des horaires de diffusion des chaînes, etc.

Les fans comme les simples amateurs de séries ont, pendant quasiment une décennie, une dose de séries sur demande, gratuite et illégale : le temps de fixer des habitudes de visionnage de manière durable… Malheureusement, le législateur et les ayant-droits se réveillent désormais fin des années 2000 et basculent vers un mode répressif. Parfois de manière maladroite et un peu ridicule (HADOPI) ou parfois de manière beaucoup plus directe (la récente “affaire” Megaupload), les utilisateurs commencent à être impactés par la répression dans le domaine.

Je doute fort que les “pirates avertis” changent désormais de manière drastique leurs habitudes. Ils ont toujours navigué de services en services au gré des fermetures ou de l’augmentation du risque d’utilisation de certaines méthodes (P2P via Kazaa, eMule, Torrent / Direct Download / Streaming) mais par contre le terreau de sériephiles “non-technophiles” ou les fans qui animent des sites consacrés au sujet risquent en revanche de se voir un peu “coincé” par un accès plus limité à l’objet de leur passion, le risque d’en parler trop tôt et donc d’attirer l’attention, et plus sournoisement la baisse de leur audience qui peut s’avérer démotivante sur le long terme. Il y a de fortes chances que d’ici 2-3 ans le paysage sériephile français évolue à nouveau, soit en rééquilibrant le poids du piratage via “la peur du gendarme” et des ripostes virulentes envers les services permettant les pratiques illégales, soit en développant ce vieux serpent de mer qu’est la licence globale. Ou en prenant une toute autre voie : bref, les scénaristes de cette épopée à épisodes restent inventifs dans l’art du cliffhanger… ;-)

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