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New 52 – Flash #1-2

Depuis le run de Geoff Johns sur le titre, je suivais les aventures de Flash sans grande conviction et plutôt par habitude qu’autre chose. J’ai du subir le run calamiteux de Bilson/DeMeo/Lashley puis apprécier le retour de Barry Allen dans un Flash Rebirth sympathique et bien géré par Johns mais peu original, avant de lire des aventures classiques d’un niveau acceptables pendant Brightest Day avec Francis Manapul aux dessins.

 

Un peu à l’origine de ce reboot avec le crossover Flashpoint, le personnage retrouve ici les pinceaux de Francis Manapul dans une réintroduction assez simple de Barry Allen et de son background. Le dessin de celui-ci est extrêmement efficace sur ce titre : les planches sont belles et la vitesse du personnage est très bien rendue tant par des astuces visuelles que par un découpage bien pensé. Les couleurs de Brian Buccellato sont adaptées et enjolivent l’ensemble de belle manière. Le duo artistique fonctionne bien.

Pour ce qui est du scénario, les bases sont posées dans la continuité. Barry Allen reste ce flic scientifique et ses amitiés et sa relation amoureuse sont présentées en détail. Le personnage de Manuel est intéressant potentiellement et un triangle amoureux semble se profiler entre Barry, sa compagne actuelle Patty Pivot et la journaliste Iris West (avec qui il était marié avant le reboot). Pour le côté aventure, un nouvel ennemi fait son apparition (ou plusieurs ?) mais ça reste pour le moment léger et secondaire : on en saura sans doute plus durant la suite du run.

On retrouve dans ce reboot un FlashBarry Allen” canonique. L’ensemble compose un premier numéro efficace même s’il semble moins sensationnaliste que d’autres titres déjà chroniqués ici. L’emballage est très joli : les dessins de Francis Manapul et les couleurs de Brian Buccellato se marient à merveille, et donne une impression de fraîcheur renouvellée au titre. Toutefois, je regrette encore un peu le FlashWally West”, plus amusant et plus intéressant à mon goût, qui semble avoir carrément été sacrifié dans cette nouvelle continuité…On a affaire à un bon titre de super-héros “classique”. Le 1e TPB en Hardcover (couverture cartonnée) est prévu pour octobre 2012 avec les 7 premiers numéros à l’intérieur pour 22,99 $. On peut donc soupçonner cette série d’être tout de même une pièce fondatrice de ce nouvel univers étant donné que DC a opté pour un format de TPB plus luxueux que le simple softcover classique.

Quand Geoff Johns et Jim Lee relancent la Justice League en 2011...

New 52 – Justice League #1-2

On rentre dans le vif du sujet du reboot de DC Comics en commençant par Justice League.

 

Ce premier titre est le porte-étendard de ce relaunch : il est le premier à sortir fin aout et ses couvertures ont été l’introduction médiatique de l’opération éditoriale auprès du public. Et comme dans quasiment toutes les moutures de ce comic-book, il regroupe les héros les plus emblématiques de DC Comics que peuvent être Superman, Batman, Flash, Green Lantern, etc… Il bénéficie ici d’un traitement de faveur avec une team artistique “bankable” avec le retour de Jim Lee aux dessins qui, à part 2 runs sur Batman puis Superman dans la première moitié des années 2000 et de sporadiques All-Star Batman & Robin (10 numéros sur 3-4 ans), n’a rien fait de notable et durable après ses fameux X-Men au début des années 90 trop accaparé par sa maison d’édition Wildstorm. On peut aimer ou ne pas aimer Jim Lee pour son style (avec des personnages parfois trop “poseurs”) mais on ne peut nier qu’il livre, quand il est en forme, des planches assez esthétiques et bien rythmées. Au scénario, c’est un autre poids lourd de DC que l’on retrouve en la personne de Geoff Johns : le scénariste est devenu au fil des années l’architecte du DC Universe passant du rang de simple scénariste (productif) de Flash, JSA ou encore Teen Titans au poste de Chief Creative Officer de l’éditeur, chargé de la cohérence des productions du DC Universe. On lui doit également la remise au goût du jour et le gros succès de la licence Green Lantern, moribonde avant lui, et l’écriture de 2 crossovers importants dans la timeline DC pré-relaunch : Infinite Crisis et Blackest Night.
Le parti-pris de ce premier run de la nouvelle mouture de la Justice League post-reboot est de conter (pour une énième fois il faut l’avouer) la rencontre des différents membres et la formation de la super-équipe 5 ans avant le début de cette nouvelle continuité de l’univers. On commence donc par une rencontre Batman-Green Lantern dans le premier numéro d’abord opposés puis se retrouvant face à une nouvelle menace qui va les pousser à rechercher d’autres compagnons. Comme ces quelques lignes l’expriment, les deux premiers numéros que j’ai pu lire ne présentent qu’un scénario extrêmement classique, vu et revu que ce soit en comic-book mais aussi dans n’importe quel roman d’aventure ou shônen manga avec la constitution d’un groupe “pour sauver le monde”. Toutefois, le rythme et les dialogues sont bien pensés : l’action est très présente et des dialogues finement choisis posent très bien les relations et les caractères des différents personnages. On retrouve autant en quelques cases le Batman cynique, le Green Lantern imbu de sa personne ou encore le Flash gentil et doté d’un certain sens de l’humour, etc… Bref, les caractéristiques principales des personnages pré-relaunch sont encore là, expliquées vite… et bien ! Le dessin de Jim Lee comme l’encrage de son compère Scott Williams sont à l’un des meilleurs niveaux que l’on peut espérer de ceux-ci sur une série régulière : moins statique que parfois, moins iconique/”poseur” qu’à l’accoutumée. En effet, la construction des cases n’est pas celle d’une couverture cette fois : le rythme de l’action ou la précision des dialogues sont mis en valeur avec un dessin au service de l’histoire, contrairement à ce que Jim Lee nous a parfois servi précédemment. Et, malgré tout, son talent s’exprime très bien au sein de ce titre.

 

Après deux numéros, si je ne peux pas encore dire si l’ensemble sera totalement cohérent ou si le scénario renfermera un twist surprenant, il est évident que l’on a ici un titre presque totalement dévoué aux nouveaux lecteurs : simple dans son approche et didactique mais également bourré d’action. Le rythme ne faiblit pas sur la quarantaine de planches qui composent ces deux premiers numéros. Le talent de Johns et de Lee fait qu’un ancien lecteur comme moi qui reconnaît les défauts de ce type d’aventure (ultra réchauffée) prendra quand même un certain plaisir à lire ce titre comme on a plaisir à parfois regarder un blockbuster pop-corn au cinéma avec une intrigue très simple et classique mais un traitement de l’action bien rythmé et quelques touches d’humour bien senties. Et voilà ce qu’est Justice League à priori : un blockbuster bien réalisé ; les moyens sont là (la team artistique de luxe), l’aventure et l’humour sont au rendez-vous (avec par exemple Batman qui subtilise la bague de Green Lantern devant lui pour voir comment elle fonctionne, froissant évidemment l’ego d’Hal Jordan) et les personnages en présence sont des “stars”. Reste un scénario un peu simpliste, notamment pour les vieux briscards, mais on a parfois envie de poser son cerveau à l’entrée d’une salle de ciné pour se détendre devant un film classique mais bien calibré. On peut en faire de même en lisant ce Justice League.A noter que si les 2 premiers numéros “single” (une vingtaine de pages) sont sans doute encore facilement trouvables en VO, la VF va très probablement être éditée courant 2012 par Urban Comics et un recueil des 6 premiers numéros (trade paperback) est prévu aux USA pour mai 2012 pour 24,99 $ en Hardcover (couverture cartonnée).