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Shazam HC

[Comics] Shazam ! (2013)

Shazam HC

Auteur : Geoff Johns et Gary Frank
Edition : DC Comics Hardcover

Paru initialement en back up story dans le comic-book Justice League depuis mars 2012 (c’est à dire en histoire secondaire dans une revue qui ne porte pas son titre), Shazam! est la nouvelle collaboration entre le scénariste Geoff Johns, qui est à DC Comics ce que Brian Michael Bendis est à Marvel (un « scénariste-en-chef » si on peut dire), et le dessinateur Gary Frank à qui l’on doit récemment avec le même scénariste Batman : Earth-One ainsi que Superman : Secret Origin, mais que l’on avait découvert il y a quelques années en France sur Hulk, Midnight Nation ou encore Supreme Power.

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New 52 – Les titres Green Lantern

Onzième article de cette série sur le reboot DC Comics, c’est la fête et je regroupe en un billet 4 titres ! C’est une sorte de “covoiturage” de comics donc avec cet article “green” ! ^__^ Ouais, bon, en fait je ne voudrais pas continuer des billets sur le reboot DC après que les séries soient annulées donc j’accélère un peu le rythme quand je le peux.Donc ce reboot est composé de 4 titres “Green” (en fait 3 verts et 1 rouge) : Green Lantern par Geoff Johns et Doug Mahnke, Green Lantern Corps par Peter J. Tomasi et Fernando Pasarin, Green Lantern : New Guardians par Tony Bedard et Tyler Kirkham et enfin Red Lanterns par Peter Milligan et Ed Benes. L’ensemble forme un label Green Lantern au sein des parutions DC.

Commençons par la série mère : Green Lantern.
L’équipe créative est resté la même avant et après le reboot. Le scénariste du précédent relaunch de 2005, Geoff Johns, est toujours là avec sa ligne directrice habituelle et aux dessins, l’excellent Doug Manhke est toujours là également. Peu connu en France avant ce titre, ce dernier a déjà oeuvré sur The Mask, Major Bummer, JLA et Superman Man of Steel par exemple. Ce n’est pas vraiment un reboot mais plutôt un jumping-point adapté. Mais rien n’est réellement surprenant vu que l’intrigue découle du dernier numéro du précédent “volume”. Hal Jordan a perdu son anneau au profit de Sinestro, et les deux regrettent fortement ce nouveau statu-quo. Assez marrant de voir Hal Jordan en “civil” : ça faisait longtemps que le personnage était enfermé dans ces sagas cosmiques et un retour sur Terre n’est pas pour me déplaire. Cela renouvelle tout de même la série même si ça reste dans la continuité. Bonne surprise tout de même.

 

Pour l’autre “relaunch”, c’est à dire Green Lantern Corps, là encore nous n’avons pas droit à une “révolution” mais le retour de Peter J. Tomasi n’est pas pour déplaire et le caractère de chaque individu du Corps présenté est identifiable. Le dessin de Fernando Pasarin est conforme à ses précédentes productions : honorable mais pas transcendant à mon goût. On assiste là à du “cosmique” classique dans cet épisode avec une menace, des morts, etc… On a affaire pour le moment à un titre moyen et il faudra sans doute quelques numéros pour dire si on a affaire à quelque chose de prometteur ou de clairement décevant. Affaire à suivre…

Ensuite, c’est Green Lantern : New Guardians qui dépasse de ma pile. Ce comic-book voué à réunir des membres des différents Corps outre les Green (toutes les couleurs de l’arc-en-ciel en fait) démarre sur un flashback (difficilement identifiable au départ) concernant Kyle Rayner, le Green Lantern des années 90, puis on retrouve le même Kyle en Green Lantern expérimenté mais avec une notoriété sur Terre visiblement vacillante confronté aux anneaux des différents Corps… et à leurs propriétaires. Tony Bedard livre un scénario introductif encore un peu obscur mais relativement lisible (à l’exception du flashback mal déterminé au début du comic). Par contre, je dois avouer ne pas être fan du style graphique de Tyler Kirkham, un peu trop Top Cow à mon goût et me rappelant par là les pires heures des années 90. Ca a du potentiel mais franchement, j’attend de voir là encore où nous mène le scénariste.

 

Enfin, le titre que j’attendais le plus : Red Lanterns. Le dessinateur de la précédente mouture de la JLA, Ed Benes, ne déçoit pas et reste dans son genre accessible, très Jim Lee-like en un sens même si peu inventif. Par contre, à la lecture du premier numéro, je suis très déçu par le scénario de Peter Milligan (qui sait pourtant écrire quand on voit ses Human Target par exemple ou ses X-Force avec Mike Allred) : c’est globalement très vide et peu palpitant. Pour tout dire, j’hésite déjà à stopper les frais après deux numéros, donc…Au final, ce sont surtout les 2 séries Green Lantern “historiques” (l’éponyme et Corps) qui restent les plus plaisantes même si on ne sait évidemment pas exactement où tout ça va nous mener. New Guardians doit encore faire ses preuves mais a du potentiel, donc on peut globalement avoir bon espoir pour la “licence” verte. Par contre, le seul carton que je peux souhaiter à Red Lanterns est un carton… rouge. A bon entendeur…

New 52 – Flash #1-2

Depuis le run de Geoff Johns sur le titre, je suivais les aventures de Flash sans grande conviction et plutôt par habitude qu’autre chose. J’ai du subir le run calamiteux de Bilson/DeMeo/Lashley puis apprécier le retour de Barry Allen dans un Flash Rebirth sympathique et bien géré par Johns mais peu original, avant de lire des aventures classiques d’un niveau acceptables pendant Brightest Day avec Francis Manapul aux dessins.

 

Un peu à l’origine de ce reboot avec le crossover Flashpoint, le personnage retrouve ici les pinceaux de Francis Manapul dans une réintroduction assez simple de Barry Allen et de son background. Le dessin de celui-ci est extrêmement efficace sur ce titre : les planches sont belles et la vitesse du personnage est très bien rendue tant par des astuces visuelles que par un découpage bien pensé. Les couleurs de Brian Buccellato sont adaptées et enjolivent l’ensemble de belle manière. Le duo artistique fonctionne bien.

Pour ce qui est du scénario, les bases sont posées dans la continuité. Barry Allen reste ce flic scientifique et ses amitiés et sa relation amoureuse sont présentées en détail. Le personnage de Manuel est intéressant potentiellement et un triangle amoureux semble se profiler entre Barry, sa compagne actuelle Patty Pivot et la journaliste Iris West (avec qui il était marié avant le reboot). Pour le côté aventure, un nouvel ennemi fait son apparition (ou plusieurs ?) mais ça reste pour le moment léger et secondaire : on en saura sans doute plus durant la suite du run.

On retrouve dans ce reboot un FlashBarry Allen” canonique. L’ensemble compose un premier numéro efficace même s’il semble moins sensationnaliste que d’autres titres déjà chroniqués ici. L’emballage est très joli : les dessins de Francis Manapul et les couleurs de Brian Buccellato se marient à merveille, et donne une impression de fraîcheur renouvellée au titre. Toutefois, je regrette encore un peu le FlashWally West”, plus amusant et plus intéressant à mon goût, qui semble avoir carrément été sacrifié dans cette nouvelle continuité…On a affaire à un bon titre de super-héros “classique”. Le 1e TPB en Hardcover (couverture cartonnée) est prévu pour octobre 2012 avec les 7 premiers numéros à l’intérieur pour 22,99 $. On peut donc soupçonner cette série d’être tout de même une pièce fondatrice de ce nouvel univers étant donné que DC a opté pour un format de TPB plus luxueux que le simple softcover classique.

New 52 – Aquaman #1-2

Il y a parfois des personnages qui laissent de marbre. Aquaman est l’un de ceux-là : son costume orange, son trident, son rôle de roi d’Atlantis, son pouvoir de communiquer avec les animaux marins… ne passionnent guère en général et personnellement, je doutais fortement que l’on puisse me convaincre de la pertinence d’une série régulière sur un tel personnage. Bien sûr, chez Marvel, John Byrne m’avait déjà fait mentir en renouvelant un peu le personnage de Namor, prince des mers équivalent d’Aquaman chez le concurrent et en lui donnant une profondeur certaine. Aquaman n’a à mon goût jamais eu de période équivalente, où mon intérêt aurait pu être attisé… Et pourtant le personnage est déjà mort, a déjà perdu un membre (que ce soit sa main ou quelqu’un de sa famille ^__^), a été concerné par Blackest Night / Brightest Day, a grosso modo les mêmes caractéristiques que son équivalent Marvélien, etc…

 

Pour le reboot, DC a quand même fait en sorte d’appâter le chaland avec une team artistique de 1er ordre, celle à l’origine du succès du crossover Blackest Night et de la série dont il est issu, Green Lantern : Geoff Johns au scénario et Ivan Reis aux dessins. Le scénariste, devenu entre-temps une sorte de chef d’orchestre du DC Universe comme Brian Michael Bendis peut l’être chez Marvel, est assez spécialiste du revamping de personnage avec un bon respect de la continuité (ça s’est remarqué sur Flash ou Green Lantern mais également sur JSA ou sur la mini Superman : Secret Origin) tout en y apposant sa patte et des idées parfois très simples (comme les Corps de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel dans Green Lantern) mais très bien gérées. Ivan Reis, lui, a été popularisé par son travail sur le super-héros d’émeraude mais a déjà travaillé sur Action Comics par exemple et a débuté chez Chaos sur Lady Death. Son style est désormais très abouti et ses planches sur Aquaman sont splendides, rythmées et parfois très “cinématographiques”.

Un poil décevant sur Justice League, Geoff Johns livre ici un premier numéro très motivant. On rentre dans l’action directement avec une intervention du héros auprès de petits gangsters, puis on enchaîne avec une séquence plus introspective pour le personnage pendant qu’une menace plus importante se profile. Le schéma est très classique pour un comic-book super-héroïque mais est très bien exécuté tant dans la partie graphique fournie par Ivan Reis, que dans le rythme et les dialogues amenés par Johns. L’humour et l’auto-dérision sont d’ailleurs de mise et met à l’aise un lecteur comme moi, réfractaire au côté un peu has-been du personnage. Pour donner une idée du genre d’humour employé, certaines répliques ressemblent à ce que le scénariste avait pu proposer lors d’un épisode du crossover Blackest Night où l’ensemble des chefs de Corps de toutes couleurs lançait un rayon énergétique et où Hal Jordan avait une réplique disant “Il me semble avoir déjà vu ça à la télé le dimanche matin…” en faisant référence aux Bisounours… Ici, c’est la réputation d’Aquaman qui est tournée en dérision avec habileté.

Certes l’humour et la mélancolie remplacent vite l’action et on referme le premier numéro sans avoir vu grand chose se passer. Mais la satisfaction globale est au rendez-vous car c’est du super-héros certes classique mais très bien réalisé, et car le personnage un peu démodé d’Aquaman retrouve une certaine prestance au fil des pages. On a envie de connaître la suite. D’ailleurs pour ceux qui sont tentés d’en savoir plus, le TPB des 6 premiers numéros est prévu aux USA à 22,99 $ en Hardcover pour septembre 2012.

Quand Geoff Johns et Jim Lee relancent la Justice League en 2011...

New 52 – Justice League #1-2

On rentre dans le vif du sujet du reboot de DC Comics en commençant par Justice League.

 

Ce premier titre est le porte-étendard de ce relaunch : il est le premier à sortir fin aout et ses couvertures ont été l’introduction médiatique de l’opération éditoriale auprès du public. Et comme dans quasiment toutes les moutures de ce comic-book, il regroupe les héros les plus emblématiques de DC Comics que peuvent être Superman, Batman, Flash, Green Lantern, etc… Il bénéficie ici d’un traitement de faveur avec une team artistique “bankable” avec le retour de Jim Lee aux dessins qui, à part 2 runs sur Batman puis Superman dans la première moitié des années 2000 et de sporadiques All-Star Batman & Robin (10 numéros sur 3-4 ans), n’a rien fait de notable et durable après ses fameux X-Men au début des années 90 trop accaparé par sa maison d’édition Wildstorm. On peut aimer ou ne pas aimer Jim Lee pour son style (avec des personnages parfois trop “poseurs”) mais on ne peut nier qu’il livre, quand il est en forme, des planches assez esthétiques et bien rythmées. Au scénario, c’est un autre poids lourd de DC que l’on retrouve en la personne de Geoff Johns : le scénariste est devenu au fil des années l’architecte du DC Universe passant du rang de simple scénariste (productif) de Flash, JSA ou encore Teen Titans au poste de Chief Creative Officer de l’éditeur, chargé de la cohérence des productions du DC Universe. On lui doit également la remise au goût du jour et le gros succès de la licence Green Lantern, moribonde avant lui, et l’écriture de 2 crossovers importants dans la timeline DC pré-relaunch : Infinite Crisis et Blackest Night.
Le parti-pris de ce premier run de la nouvelle mouture de la Justice League post-reboot est de conter (pour une énième fois il faut l’avouer) la rencontre des différents membres et la formation de la super-équipe 5 ans avant le début de cette nouvelle continuité de l’univers. On commence donc par une rencontre Batman-Green Lantern dans le premier numéro d’abord opposés puis se retrouvant face à une nouvelle menace qui va les pousser à rechercher d’autres compagnons. Comme ces quelques lignes l’expriment, les deux premiers numéros que j’ai pu lire ne présentent qu’un scénario extrêmement classique, vu et revu que ce soit en comic-book mais aussi dans n’importe quel roman d’aventure ou shônen manga avec la constitution d’un groupe “pour sauver le monde”. Toutefois, le rythme et les dialogues sont bien pensés : l’action est très présente et des dialogues finement choisis posent très bien les relations et les caractères des différents personnages. On retrouve autant en quelques cases le Batman cynique, le Green Lantern imbu de sa personne ou encore le Flash gentil et doté d’un certain sens de l’humour, etc… Bref, les caractéristiques principales des personnages pré-relaunch sont encore là, expliquées vite… et bien ! Le dessin de Jim Lee comme l’encrage de son compère Scott Williams sont à l’un des meilleurs niveaux que l’on peut espérer de ceux-ci sur une série régulière : moins statique que parfois, moins iconique/”poseur” qu’à l’accoutumée. En effet, la construction des cases n’est pas celle d’une couverture cette fois : le rythme de l’action ou la précision des dialogues sont mis en valeur avec un dessin au service de l’histoire, contrairement à ce que Jim Lee nous a parfois servi précédemment. Et, malgré tout, son talent s’exprime très bien au sein de ce titre.

 

Après deux numéros, si je ne peux pas encore dire si l’ensemble sera totalement cohérent ou si le scénario renfermera un twist surprenant, il est évident que l’on a ici un titre presque totalement dévoué aux nouveaux lecteurs : simple dans son approche et didactique mais également bourré d’action. Le rythme ne faiblit pas sur la quarantaine de planches qui composent ces deux premiers numéros. Le talent de Johns et de Lee fait qu’un ancien lecteur comme moi qui reconnaît les défauts de ce type d’aventure (ultra réchauffée) prendra quand même un certain plaisir à lire ce titre comme on a plaisir à parfois regarder un blockbuster pop-corn au cinéma avec une intrigue très simple et classique mais un traitement de l’action bien rythmé et quelques touches d’humour bien senties. Et voilà ce qu’est Justice League à priori : un blockbuster bien réalisé ; les moyens sont là (la team artistique de luxe), l’aventure et l’humour sont au rendez-vous (avec par exemple Batman qui subtilise la bague de Green Lantern devant lui pour voir comment elle fonctionne, froissant évidemment l’ego d’Hal Jordan) et les personnages en présence sont des “stars”. Reste un scénario un peu simpliste, notamment pour les vieux briscards, mais on a parfois envie de poser son cerveau à l’entrée d’une salle de ciné pour se détendre devant un film classique mais bien calibré. On peut en faire de même en lisant ce Justice League.A noter que si les 2 premiers numéros “single” (une vingtaine de pages) sont sans doute encore facilement trouvables en VO, la VF va très probablement être éditée courant 2012 par Urban Comics et un recueil des 6 premiers numéros (trade paperback) est prévu aux USA pour mai 2012 pour 24,99 $ en Hardcover (couverture cartonnée).