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(c) Marvel Studios

2014 : Les mecs en collants sur nos écrans

Je ne remonterai pas jusqu’aux premières apparitions de Georges Reeves en Superman, ni même à la série Batman des années 60 avec Adam West et Burt Ward (dont l’intégrale est désormais dispo en DVD : pour le cadeau de Noël honteux c’est ICI) ou encore aux films de l’homme chauve-souris par Tim Burton, mais les années 2000 ont bien installé les super-héros américains sur les petits et grands écrans. Après des jalons posés au cinéma par Sam Raimi et son Spider-Man et Bryan Synger et ses X-Men, le genre s’est clairement imposé avec la trilogie Dark Knight de Christopher Nolan débutée en 2005 et le 1er Iron Man de Jon Favreau sorti en salles en 2008.

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Le Monde Fantastique d’Oz casse des briques (jaunes)

Une fois n’est pas coutume : c’est sur #N1005 que l’on va causer cinoche et non pas sur Le Blog du Cinéma. Le film dont je voulais parler est déjà réservé par un autre rédacteur bien plus spécialisé en Sam Raimi que moi donc c’est sans aucun doute préférable ! Toutefois, j’avais bien envie de partager quelque chose sur Le Monde Fantastique d’Oz, donc je me fend d’un petit billet ici.

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Comme vous l’avez compris, ça se déroule dans le monde du Magicien d’Oz, série de romans pour enfants paru vers 1900 et dont les 14 premiers ont été écrits par un certain L. Frank Baum, devenue un grand classique de la littérature enfantine anglophone et qui a été popularisée par le film musical de Victor Fleming avec Judy Garland dont certaines chansons sont assez célèbres comme Over the Rainbow ou encore Follow the Yellow Brick Road. J’avoue que je l’ai vu gamin et qu’il m’a au final moins marqué que le dessin-animé japonais que diffusait La Cinq à l’époque (1987), Oz No Mahotsukai, traduit évidemment par… Le Magicien d’Oz. Pour mémoire, on accompagne la jeune Dorothy Gale, originaire du Kansas, emportée par une tornade dans le monde imaginaire d’Oz où elle vivra moultes péripéties le long d’un chemin de briques jaunes accompagnée d’un lion, d’un épouvantail et d’un homme de fer blanc à la recherche du fameux Magicien d’Oz.

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Le film produit par Disney est le prélude à l’histoire la plus connue de la saga du monde d’Oz : on nous explique ici l’arrivée d’Oscar Diggs dans ce pays féérique et son avènement en tant que Magicien d’Oz. Ici interprété par un James Franco bouillonnant dans son rôle de prestidigitateur vénal en quête de succès, le magicien de cirque se révèle être appelé à prouver sa magie au peuple d’Oz et notamment aux différentes sorcières, bonnes comme maléfiques, interprétées ici par Mila Kunis (Ted, Black Swan), Rachel Weisz (Constantine, Jason Bourne L’Héritage) et Michelle Williams (Dawson, Shutter Island). A noter que ces sorcières, si elles sont scénaristiquement importantes, sont finalement interprétées de manière assez quelconque (notamment Rachel Weisz qui est d’une inconsistance sans nom). Tant qu’on parle du casting, on pourra citer Zach Braff qui interprète l’assistant du magicien sur une partition qui fait énormément penser à sa prestation déjantée dans la série qui l’a fait connaître Scrubs.

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La gageure de ce long-métrage ? On est dans un film familial, un film Disney… Mais pourquoi diable a-t-on autant l’impression d’avoir aussi affaire à la patte d’un auteur ? En effet, Sam Raimi réussit là où Tim Burton avait clairement échoué en mon sens avec son Alice aux Pays des Merveilles, également sous la bannière Disney : il joue avec les codes et se les approprie là où Burton se laisser dévorer par eux et se reniait sans broncher. Une chanson qui démarre ? Elle sera vite terminée ! Et si Oscar était un peu le Ash échappé d’Evil Dead pour se balader dans le monde coloré d’Oz ? Car les références à la filmographie de Raimi et en particulier ce film là sont nombreuses mais extrêmement bien noyées dans le moule de ce film familial : le choix des couleurs dans la fuite de la forêt, la traditionnelle participation de Bruce Campbell, énormément d’humour à plusieurs degrés, une amante devenue ennemie, un cimetière caricatural, etc… De même, le passé de cinéaste de film d’horreur du réalisateur (bien avant la saga Spider-Man, très mal terminée au demeurant)  est également palpable dans la scène de la montgolfière, à la fois angoissante et caricaturale.

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On ajoutera également au crédit du Monde Fantastique d’Oz d’être un film très respectueux de ses origines. Notamment du matériel originel, qu’il s’agisse du roman ou de l’adaptation avec Judy Garland, il pose de nombreux jalons faisant le lien avec l’histoire la plus connue de cet univers. Mais, de la même manière, et ce dès le générique se dévoilant sur une musique de Danny Elfman très adaptée, il s’agit également d’une ode aux débuts du cinéma d’une tendresse totalement évidente. Qui ne pensera pas à Méliès en suivant les tours d’Oscar Diggs, dérivés pour beaucoup des premières astuces ayant mené aux premiers films de cinéma ? On croit revoir l’onirisme nostalgique qui enveloppait le récent Hugo Cabret de Scorsese où justement les débuts du cinéma et de Méliès étaient encensés. Et on excuse d’ailleurs le côté parfois artificiel que peut avoir visuellement le film par moment (la faute à la 3D ? aux effets numériques ?) par cette nostalgie d’un cinéma “bouts de ficelles” mais pourtant plein de vie.

Le Monde Fantastique d’Oz est un joli film, accessible à tous, mais qui donnera aux amoureux du cinéma et aux aficionados de son réalisateur en cadeau supplémentaire une ode au 7ème Art enveloppée sous des atours de film “simplement commercial”. Et je vous passe l’inventivité que peut avoir Sam Raimi dans la gestion visuelle de son film (l’usage astucieux du noir et blanc), des formats d’image, dans ses plans, etc.
Bien joué.

 

 

 

 

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