Archives du mot-clé Spirou

25 ans de BD…

Paf ! Ca tombe comme ça de bon matin. Ca fait plus bizarre que de passer un nombre rond sur son âge : ce mois-ci ça fait 25 ans que je lis de la BD. Plus ou moins fièrement suivant les époques, j’avoue, mais avec une constance certaine. Ca fait 25 ans depuis le jour où mon grand-père m’a payé mes 2 premiers “illustrés”, à savoir un classique Tintin (Les Cigares du Pharaon) et un comic-book VF, le Strange Spécial Origines 205 de janvier 1987, que je possède toujours, avec les origines de l’Homme-Fourmi, une rencontre Human Torch et Iceman et une autre rencontre divine entre Hercule et Thor. Je ne comprenais sans doute pas tout à l’époque, notamment pourquoi ma BD ne contenait pas d’aventure de Spiderman dont le visage était pourtant sur la couverture, mais les super-héros en costumes colorés comme le reporter belge et son chien m’ont séduit. Mon grand-père sera d’ailleurs le principal pourvoyeur de ces lectures “de gamins” pas forcément toujours au goût de mes parents quand le samedi matin je l’accompagnais faire ses courses dans le quartier, un temps où les Strange étaient à 6 Francs et les BD franco-belges à 30 F.

 

 

 

Les Tintin, Gaston et autres Lucky Luke comme les Strange, Nova ou Titans se sont succédés au même titre que les avantageux recueils du Journal de Spirou (regroupant 10 numéros du seul hebdo BD encore en vie à ce jour !). J’ai ainsi découvert les gags en une page, et des personnages comme Les Tuniques Bleues, Spirou, Les Motards (bien avant le Joe Bar Team), Bobo, etc… Grandissant et accédant au sacro-saint argent de poche (50 Francs par mois – wooohooo !), je me suis orienté vers le marché de l’occasion pour maximiser l’assouvissement de ma passion. A Marseille, j’ai traîné mes guêtres des samedis entiers autour des bouquinistes des baraques bleues devant le lycée Thiers, rentrant parfois chez moi avec certains “trésors” comme des revues Arédit des Jeunes Titans du début des années 80, à l’heure où DC Comics avec ses Batman, Superman and co, n’étaient plus ou presque plus publiés en VF. C’est en traînant dans ce secteur que je découvre la Passerelle et le fameux Gégé qui vendait des comics en V.O. : j’ai désormais une quinzaine d’années et je découvre là-bas le monde de la BD américaine en V.O. avec de nombreuses pages de pubs mais un anglais finalement pas si compliqué que ça à comprendre, dans une boutique située sur un pont au dessus d’une librairie-bar où TOUS les samedis le dollar était “EXCEPTIONNELLEMENT à 8 Francs !”. A cette occasion, je découvre aussi le fanzinat (à travers des revues comme AnimeLand, Tsunami, Heroes ou Scarce) et les premiers mangas traduits avec Dragon Ball et Video Girl Aï.

 

 

 

Ma passion de la BD est globalement peu partagée par mon entourage pendant l’adolescence, que ce soit famille ou amis, avec qui on échange plutôt sur les livres sans images (SF, etc) ou les images animées (cinéma, video-club, jeux vidéo). Les années passent et une petite lassitude s’opère à la fin des années 90, couplée à d’autres centres d’intérêts (sorties, bière, CD, etc). Je quasi-stoppe la BD pendant 2-3 ans… Pour mieux y replonger ensuite ! Le manga explose médiatiquement, Panini développe le catalogue Marvel à outrance, Soleil se fait connaître via Lanfeust and co, etc… Couplé au fait que mes premiers salaires débarquent (2700 Frs, en alternance), mes lectures reprennent avec un trio composé de Kenshin Le Vagabond, Gunnm et X-Men. Et progressivement “l’addiction” reprend ses droits…

 

 

 

Je découvre aux détours de mes allées et venues entre la Place Carli et le Virgin Megastore de la rue St Férreol, et avisé par des amis, une boutique Rue de la Palud, L’Antre du Snorgleux, où je me sers toujours aujourd’hui et qui m’aura permis indirectement de lier de très nombreuses nouvelles amitiés, et de croiser certains auteurs au gré de festivals locaux. C’est là-bas que je me suis ainsi mis en 2001 à suivre des comic-books VO régulièrement avec d’abord le Hawkman de Geoff Johns et Rags Morales. J’ai perduré une fois que la boutique a arrêté d’en fournir via le net, où j’ai également pu partager cette passion précise via des forums de discussion comme BuzzComics et ainsi faire connaissance, entre autres passionnés, avec mes “dealers” qui suivirent, successivement par ComicsFX, puis Album Montpellier et désormais Gourvy Comics.

 

 

On est en 2012 et je lis toujours des BD de toutes sortes, de toutes origines. La pondération, la quantité et les formats évoluent au gré des envies et des opportunités. J’ai encore la chance de découvrir des classiques auquel je n’avais jamais touché, mais également de croiser des nouveautés auxquelles je n’aurai jamais cru. La BD m’a indirectement apporté beaucoup de plaisirs dépassant la simple lecture, des samedi avec mon regretté grand-père aux éreintants festivals sur lesquels on bosse entre potes, en passant par le fait d’apprendre parfois des choses sans s’en rendre compte… Et le plus important de tout, je bois désormais des coups avec d’autres lecteurs de BD que ce soit à Marseille, à Montpellier ou à Toulouse : et je trouve que ça, c’est la classe.

 

Animal Lecteur

Je ne suis pas un lecteur assidu de comic-strip, contrairement à l’auteur de ce très bon blog qu’est Les Cahiers du Comic-Strip, mais mon deuxième billet BD sera, après Calvin & Hobbes, également consacré à un comic-strip. Et celui-ci est français ma petite dame ! Il s’agit d’Animal Lecteur, une bande produite par Sergio Salma et Libon pour le Journal de Spirou depuis 2006.

 

Des affres de ton libraire BD tu riras…

Pour un hebdomadaire BD avec un historique aussi riche que le Journal de Spirou, il est logique que le lectorat de celui-ci soit en général assez habitué à fréquenter les librairies BD, les festivals ou de croiser d’autres lecteurs de ces illustrés. L’idée de base des auteurs à l’origine d’Animal Lecteur est simple : parler de cet univers auquel ils sont eux-mêmes fréquemment confrontés, celui des professionnels et des fans de BD. L’idée n’est pas courante même si elle a déjà été expérimentée en partie à travers des séries traitant de rédactions de journaux BD  comme le Gaston de Franquin ou la Spirou Dream Team de Yann et Léturgie au sein même du Journal de Spirou. Autre exemple proche : Le Gang Mazda, une série créée en 1987 par Christian Darasse (actuellement aux commandes de Tamara) traitant de la vie de son studio de dessin qu’il partageait avec Marc Micheltz (auteur de Kogaratsu) et Bernard Hislaire (créateur de Sambre) et qui s’arrêta en 1996.

… Et un peu de ta propre gueule tu te foutras…

Les gags parlent donc principalement de la vie d’un libraire BD, gérant de BD Boutik, et de ses clients. Salma (scénariste de Mademoiselle Louise, du regretté Geerts) et Libon (auteur de Jacques) ont l’air de bien connaître leur sujet car de nombreuses caractéristiques du monde de la BD sont caricaturées dans ces bandes avec justesse : la quantité de sorties, les séries interminables, les lecteurs fanboys, les complétistes, etc… L’humour fait souvent mouche, car le passionné de BD reconnait très vite que la caricature n’est pas tant forcée que ça et que l’absurdité de certaines des situations illustrées est tout simplement une simple lecture d’évènements courants dans le petit monde du lecteur ou du libraire BD.

 

Dans la forme, ces strips sont présentés à la verticale, en 3 à 6 cases suivant les cas, et souvent avec un fond coloré généralement marron ou kaki. Le dessin de Libon peut rebuter sans doute, plus dans la veine Fluide Glacial ou Psykopat que Spirou en fait, mais c’est régulier et on s’y fait très vite. Depuis quelques temps, ce strip s’émancipe de ce format lors de numéros spéciaux pour occuper des pages entières du Journal de Spirou avec des séries de 4 ou 5 strips horizontaux. Le fond reste intact et le changement de sens de lecture importe peu.Il faut cependant avouer que si l’on n’a aucune affinité avec le monde de la BD, dans le sens “fanboy” du terme, et que l’on ne fréquente que très rarement boutiques spécialisées ou festivals, certains gags tomberont à plat, les références nécessaires étant absentes. On pourra toutefois saluer l’idée de dépeindre assez fidèlement auprès de ce public là une certaine réalité du monde commercial de la BD, que ce soit du côté revendeur ou de celui du “client”.

 

…Dans cette amusante série que voilà !

Cette petite série qui occupe les pages chaque semaine du Journal de Spirou depuis 2006 a débuté sa carrière en album chez Dupuis en mai 2010 avec un 1e recueil au format original (en gros un demi-A4… mais sur la hauteur) intitulé “Ca va cartonner”. Un deuxième intitulé “Il sort quand ?” est venu le rejoindre pour Angoulême 2011, en janvier. Ces volumes, aux titres humoristiques également (on savourera aussi la référence – comparaison ? – de l’Animal Lecteur au célèbre personnage d’Hannibal Lecter), reprennent environ 90 bandes, un peu dans le désordre mais c’est sans importance. A priori, la série est prévue pour un total de 7 albums si on en croit la 4ème de couverture. Vu le rythme de parution, je ne saurai que conseiller aux fans de BD de se pencher sur ce comic-strip sans prétention, à part celle de rire de son circuit de distribution et de ses lecteurs.