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[Pilote] Almost Human

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Diffusion : FOX
Format : 42mn

DE QUOI CA PARLE ?

C’est l’histoire de deux flics qui résolvent des enquêtes. Ah et comment on maquille un scénario timbre-poste usé et re-usé à la télévision (et ailleurs) ? Bah, on fout ça en 2048 dans un futur façon Blade Runner avec l’un des deux policiers étant un androïde. Et pas n’importe lequel évidemment : il a des “sentiments”.

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Mais qui est le Docteur ?!

Doctor Who est une série britannique créée en 1963 (1ère diffusion le 23 novembre sur BBC One – ce n’est pas moi qui le dit, c’est Wikipedia) et qui a été diffusée sans interruption jusqu’en 1989, pour faire ensuite son retour en 2005 sur les petits écrans anglais où elle est toujours diffusée. Si vous êtes assez doué en calcul mental, vous remarquerez que la série est entrée dans sa 50ème année : cela fait d’elle la plus longue série SF du monde (devant Star Trek créée en 1966) ! Longtemps méconnue en France car extrêmement peu diffusée et assez mal reçue du fait d’une certaine différence culturelle, c’est avec la nouvelle série de 2005 que l’univers Doctor Who commence à prendre chez nous avec une diffusion sur France 4 régulière et assez suivie (la série a même eu droit à sa soirée spéciale avec documentaires concoctés par 8ArtCity). Je ne vous ferai pas de critique en tant que telle car j’en ai déjà causé sur Le Blog du Cinéma avec trois critiques successives que je vous laisse découvrir là-bas (saison 1, S2-4 et S5-6) mais plutôt une introduction à l’univers de la série. Je ne garantis pas le 100% spoiler free mais promis, je veille à limiter la casse.

 

QUI EST LE DOCTEUR ?

 

Le Docteur est tout simplement un mystérieux extraterrestre, très vieux (900 ans mais il ne les fait pas), issu de la race des Seigneurs du Temps (Timelords), originaires de la planète Gallifrey. Il voyage dans le temps et l’espace avec une machine à voyager dans le temps qui a la forme… d’une cabine de police ! En gros, de l’extérieur ça a la taille et l’apparence d’une cabine téléphonique bleue mais il s’agit en fait d’un vaisseau nommé TARDIS (Time And Relative Dimensions In Space), plus grand à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il est souvent accompagné de “compagnons”, généralement humains et ayant un rôle similaire au Dr Watson de Sherlock Holmes : à la fois candide, soutien et contre-poids au personnage excentrique (faut voir ses fringues : hipster avant l’heure !) et mystérieux du Docteur. Dans la série de 2005, le compagnon principal est en général une compagne et une romance est souvent sous-jacente entre le Docteur et celle-ci dans la série moderne.

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Enfin, dernière caractéristique du Docteur et pas des moindres : il peut se régénérer un certain nombre de fois, mais au prix d’un changement d’apparence et d’un certain changement de personnalité : bref, une jolie astuce scénaristique pour justifier les changements d’acteurs depuis 50 ans ! Ceci dit cela peut s’avérer utile face aux nombreux ennemis que le Docteur s’est fait à travers le temps.

 

QUI VEUT LA PEAU DU DOCTEUR ?

 

On dit souvent qu’une bonne histoire nécessite un bon méchant. Il est au départ difficile de prendre au sérieux certains ennemis du Docteur tant les designs de l’époque ont vieilli mais il faut avouer qu’ils sont désormais identitaires de la série au même titre que le TARDIS ou le tournevis sonique du Docteur (ah je ne vous ai pas parlé de “l’arme” du Docteur ? Ben voilà c’est fait !).

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Les plus emblématiques sont la race des Daleks de la planète Skaro, introduits dès décembre 1963 dans la série et dont le designer Ray Cusick est décédé fin février 2013. Le Docteur les craint autant que les Daleks le craignent : ce sont des êtres dotés d’un seul oeil enfermés dans une carapace métallique équipée d’armes et pouvant générer des champs de force et scandant assez régulièrement “EX-TER-MI-NA-TE”, injonction qu’ils tentent continuellement d’appliquer à la lettre. D’apparence assez ridicule, la série arrive assez bien à rendre inquiétante cette race de “boite de conserves” qui reste la plus appréciée des spectateurs et totalement intégrée dans l’imaginaire britannique et même… dans leur dictionnaire ! Même les Clash et les Go-Go’s les ont cité dans l’une de leurs chansons…

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Par ailleurs, le Docteur a aussi souvent affaire aux Cybermen, des cyborgs humanoïdes généralement dépourvus d’émotions créés pour la série en 1966 qui, dans la dernière version de la série, n’ont qu’un cerveau comme seul morceau organique et sont une sorte d’armée robotique dotée d’une hiérarchie dont un chef dont la mémoire se télécharge automatiquement à sa mort dans son successeur. Leur but ? Un peu comme les Borgs de Star Trek : l’assimilation de la plupart des êtres organiques qu’ils rencontrent. Et ce n’est évidemment pas au goût du Docteur. Ensuite, je pourrais bien sûr vous parler également du Maître, du Silence ou encore des Anges Pleureurs mais je déflorerai un peu trop les intrigues de la série récente.

 

QUI ACCOMPAGNE LE DOCTEUR ?

 

Si l’on se concentre sur la série récente (et non, désolé, je ne vais pas détailler les 31 compagnons qui ont précédé avec les 8 Docteurs d’avant 2005), on pourra dénombrer sur les 7 saisons à ce jour pas moins de 10 personnages à avoir accompagné le Docteur dans ses voyages et aventures spatio-temporelles. A l’exception de la dernière en date, les accompagnatrices principales (Rose, Martha, Donna, Amy et Clara) apparaissent dans un season premiere et emmènent parfois avec elles des membres de leur entourage plus ou moins volontairement quelques épisodes plus tard. La mécanique de cette rencontre est généralement simpliste il faut l’avouer : une menace, apparition du Docteur, on court et on fuit une vie relativement monotone pour s’évader vers l’inconnu dans le TARDIS dans des voyages extraordinaires. Après tout, s’agissant d’une machine voyageant dans le temps, on pourra toujours être là pour le diner, non ? Elles ont toutes en commun d’avoir un caractère assez bien trempé et généralement aussi enjoué que le Docteur mais ont toutes une destinée qui s’avère cruciale dans les résolutions des intrigues au long cours de chaque saison.

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MAIS POURQUOI LE DOCTEUR ?

 

Réponse à choix multiple en fait : son nom ? C’est justement l’objet théorique de toute la saison 7 de la série qui devrait trouver (ou pas ?) un semblant de réponse d’ici les 50 ans du personnage et notamment dans l’épisode du 18 mai 2013 intitulé “The Name of the Doctor” (ça serait cool pour ma fête ^__^).

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Mais répondre à la question “pourquoi regarder Doctor Who”, la réponse est finalement tout aussi nébuleuse. Plus que ses généralement bonnes histoires de science-fiction (et il y en a des excellentes !), c’est tout cet écosystème assez référencé et par là même un certain côté feuilletonnant peu visible de prime abord qui a fait que je me suis attaché à la série et à ses personnages (on a vraiment l’impression d’assister au “monstre de la semaine” si on tombe sur un épisode au hasard). Après il faut avouer que visuellement, les 2-3 premières saisons de la série récente font aussi cheap que des épisodes des années 70 (aaah les mannequins en plastique du 1e épisode du 9e Docteur et la poubelle qui mange des êtres humains…) mais on perd beaucoup de cet attachement aux personnages et le plaisir de découvrir toutes ces races étranges et leur évolution sans suivre leur progression dès le début. Sans compter que le côté désuet et décalé de la série est également un héritage de sa longue histoire (des designs datant parfois de 50 ans en arrière !) et s’accommode finalement assez bien d’un enthousiasme parfois niais des personnages principaux et de looks terriblement old-school.

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La seule solution que je peux vous proposer, c’est de goûter à la série. Je me permets donc pour finir de vous suggérer 5 épisodes qui pourraient vous séduire en one-shot si cela vous tente :

- 1×06 Dalek (pour découvrir la nemesis du Docteur)

- 3×10 Blink (pour moi le meilleur épisode de la série et pourtant le Docteur n’y intervient… pas)

- 4×00 Voyage of the Damned (épisode de Noël avec… Nicole Kidman !)

- 5×10 Vincent and the Doctor (où l’on croise la route de… Van Gogh)

- 6×04 The Doctor’s Wife (où est explorée la relation entre le Docteur et son TARDIS, écrit par Neil Gaiman)

J’ai volontairement évité les doubles épisodes et fin de saisons mais ils sont généralement très bons aussi.

Ah au fait pour finir, prenez garde : le Docteur ment.

En bonus

Le trailer de la 2e partie de la saison 7

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Le trailer du 50e anniversaire

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Sériephilie à la française : 1992-2012

La sériephilie est certes devenue très populaire en France avec l’avènement de l’internet haut-débit et des réseaux P2P mais aussi via, on l’oublie souvent, une meilleure exposition télévisuelle, elle n’a néanmoins pas attendu la technologie 2.0 pour apparaître. Avec ce billet, on va tenter un petit retour historique (non exhaustif) là dessus et un état des lieux.

Un bref rappel historique d’abord. En gros, les pays anglophones et la France ont démarré la production de séries télévisées après la 2nde Guerre Mondiale : si elles étaient au début en France une accroche parmi les variétés ou l’information pour convaincre le public de la nécessité de posséder un poste de télévision chez soi (pour regarder Les 5 Dernières Minutes, Zorro, Chapeau Melon et Bottes de Cuir ou encore Thierry La Fronde), au milieu des années 70 la critique a commencé à avoir la dent dure envers les fictions télévisuelles, en particulier américaines, les considérant comme un genre mineur, à vocation commerciale et souvent de bas niveau intellectuellement parlant (le tout parfois recouvert d’anti-américanisme certain).

Les chaines hertziennes ont malgré tout profité à fond du relatif faible coût de ces “produits” télévisuels pour remplir leurs grilles (notamment par le biais de rediffusions régulières). Fin des années 80 et début des années 90, les “petites” chaines de l’époque qu’étaient M6 et La 5 (celle de Berlusconi) ont permis de découvrir et redécouvrir de très nombreuses séries comme Star Trek, K2000, Supercopter, Twin Peaks, La Quatrième Dimension, Mike Hammer, La Belle et la Bête, etc là où les “grandes” chaines se concentraient plutôt sur des productions françaises au format du prime-time français (90 mn comme Navarro, Julie Lescaut, Maigret, etc) ou des soaps américains comme Dallas, Côte Ouest ou… Les Feux de l’Amour. A cette époque, la VHS balbutiait à peine et véritablement seules les chaines de télévision pouvaient permettre d’accéder à ce genre de fictions, assez suivies mais peu considérées.

Il sera sans doute difficile pour les générations suivantes (ou pour ceux qui ont la mémoire courte) d’imaginer un monde où la culture audiovisuelle “gratuite” (la redevance existait déjà depuis 1933, pour les postes de radio à l’époque) ne passait quasiment que par le “robinet” télévisuel mais en effet, les chaînes françaises étaient les seules détentrices du pouvoir de diffusion de ces oeuvres spécifiques (et conçues pour elles, il ne faut pas l’oublier) et les diffusaient à leur convenance, des années après parfois, en bouche-trou ou dans le désordre par moment. L’information sur les productions américaines était d’ailleurs quasi-nulle à part quelques mentions éparses dans la presse cinéma (et encore plutôt dans les magazines traitant des films de genre comme L’Ecran Fantastique ou Mad Movies) ou discrètement dans les Télé7Jours et autres TéléLoisirs. C’est durant les années 90 qu’un premier cap va être franchi et qui va lancer la sériephilie que je qualifierai “de masse”.

Si l’excellent fanzine (puis magazine) Génération Séries débute en 1991 et la très bonne émission sur Canal Jimmy, Destination Séries, animée par Jean-Pierre Dionnet et Alain Carrazé (l’une des références sur le sujet en France) en 1992, annonçant les prémisses d’un changement de statut des séries télé en France. C’est il y a 15 ans, entre 1994 et 1996, que le virage va être pris de manière notable. Après un progressif retour des séries télévisées un soir ou deux en semaine sur les chaines hertziennes, X-Files (Aux Frontières du Réel) et E.R. (Urgences) vont créer la différence. La première va générer autour d’elle une base de fans et un buzz important autour de ses théories du complot et créera de multiples magazines spécialisés estampillés séries mais souvent “people spécial X-Files”. L’autre va faire bouger les lignes du service public : en effet, France Télévisions était jusque là très hostile aux séries américaines sur son antenne privilégiant généralement des séries européennes (dont le “fameux” Inspecteur Derrick) alors retrouver une série américaine en prime-time : quelle révolution ! Parallèlement à cela, le câble via Canal Jimmy et Série Club fait évoluer ses grilles et propose les séries dont les grandes chaînes ne voulaient pas avec notamment des séries de niche comme les spin-offs Star Trek ou les séries HBO/Showtime mais également le démarrage du phénomène Friends.

Surfant sur les succès de X-Files, Friends puis aussi très rapidement de Buffy The Vampire Slayer, les chaines de télévision trouvent le filon et multiplient les diffusions de séries. On peut se souvenir des Samedis Fantastiques ou de la Trilogie du Samedi Soir (copie de la “thrillogy” de NBC) de M6 mais même TF1 a proposé une soirée de ce type avec la combinaison de Picket Fences (bien !), Walker Texas Ranger (argh !) et de Les Dessous de Palm Beach (re-argh !) les vendredis soirs en 1997. De même, M6 n’hésitera pas à créer des “soirées spéciales” autour de séries qui marchent sur son antenne comme une consacrée à Code Quantum un samedi soir avec des épisodes marquants de la série. Elles diminuent progressivement la quantité de rediffusions au profit de la multiplication de séries à toute heure (laissant d’ailleurs aux chaines du cable et satellite des miettes ou des rediff’ alors qu’elles avaient participé à la formation de ce buzz sériephile grâce à des politiques éditoriales en terme de séries parfois audacieuses). Le démarrage de la diffusion d’internet et par là même d’échanges entre fans, d’avis et d’informations (comme des guides d’épisodes, etc) ainsi que le merchandising à outrance accélère le phénomène (je dois avouer que si les mugs Buffy me laissaient de marbre, j’avais été bien content d’avoir une revue VF Star Trek Magazine à l’époque).

Au bout de quelques années, il y aura de la casse (disparition du magazine Générations Séries à cause de la concurrence d’autres mags plus racoleurs et des sites web balbutiants, disparition de l’émission Destination Séries en 2002, arrêt de certaines collections d’ouvrages traitant de ce type de sujet comme Le Guide du Téléfan ou Huitième Art Editions par exemple…) mais également de belles évolutions comme la progressive maturité d’un marché des supports vidéo : les VHS unitaires peu remplies, encombrantes et coûteuses (pour mémoire les 5 premières VHS de Star Trek La Nouvelle Génération contenant grosso modo l’équivalent d’une dizaine d’épisodes revenaient neuves à environ 600 FF soit 90 € actuels) ont laissé place d’abord à des DVD unitaires proposant la VOST en bonus, puis aux coffrets de saison en 2 parties avant d’arriver à la norme actuelle d’une saison de 24 épisodes à 30-40 €, soit 20% du prix des premières éditions VHS avec VOST et parfois bonus en prime…

Au milieu des années 2000, le passage généralisé en France à l’ADSL fait d’internet, non plus un simple vecteur publicitaire ou un espace de discussion “bon enfant”, mais un concurrent aux diffuseurs et aux éditeurs vidéos. Oubliée la dizaine de minutes pour obtenir une simple image de sa série préférée, on se retrouve via le P2P à avoir à disposition de plus en plus rapidement les épisodes de ses séries préférées, en version originale sous-titrée (chose que les chaines de TV ne proposait pas encore). Et de nouvelles séries en profiteront : Lost, 24, Heroes, etc… Laissant plus ou moins faire, ou ne jaugeant pas encore le phénomène grandissant, les diffuseurs s’en sont même parfois servi pour tester le marché tant que celui-ci progressait. Par ailleurs, il faut bien reconnaître que les moyens techniques se démocratisant, ils ont progressivement développé leurs offres dans le bon sens en identifiant des demandes du marché via les exigences des fans sur cette offre pirate : la Version Multilingue pour les chaînes de télé (pas systématique néanmoins à ma connaissance), la VoD (encore complexe mais plus rapide en terme de diffusion avec des séries à peine diffusées aux USA en VOST et exploitant à merveille le “pouvoir de la flemme” vis-à-vis des supports physiques), la télévision de rattrapage qui permet pendant une semaine de ne pas dépendre des horaires de diffusion des chaînes, etc.

Les fans comme les simples amateurs de séries ont, pendant quasiment une décennie, une dose de séries sur demande, gratuite et illégale : le temps de fixer des habitudes de visionnage de manière durable… Malheureusement, le législateur et les ayant-droits se réveillent désormais fin des années 2000 et basculent vers un mode répressif. Parfois de manière maladroite et un peu ridicule (HADOPI) ou parfois de manière beaucoup plus directe (la récente “affaire” Megaupload), les utilisateurs commencent à être impactés par la répression dans le domaine.

Je doute fort que les “pirates avertis” changent désormais de manière drastique leurs habitudes. Ils ont toujours navigué de services en services au gré des fermetures ou de l’augmentation du risque d’utilisation de certaines méthodes (P2P via Kazaa, eMule, Torrent / Direct Download / Streaming) mais par contre le terreau de sériephiles “non-technophiles” ou les fans qui animent des sites consacrés au sujet risquent en revanche de se voir un peu “coincé” par un accès plus limité à l’objet de leur passion, le risque d’en parler trop tôt et donc d’attirer l’attention, et plus sournoisement la baisse de leur audience qui peut s’avérer démotivante sur le long terme. Il y a de fortes chances que d’ici 2-3 ans le paysage sériephile français évolue à nouveau, soit en rééquilibrant le poids du piratage via “la peur du gendarme” et des ripostes virulentes envers les services permettant les pratiques illégales, soit en développant ce vieux serpent de mer qu’est la licence globale. Ou en prenant une toute autre voie : bref, les scénaristes de cette épopée à épisodes restent inventifs dans l’art du cliffhanger… ;-)

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