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Matt-Ryan-Constantine

[Comics] Constantine / Hellblazer

Archétype du anti-héros, John Constantine est un magicien. Mais n’allez pas imaginer un gars avec un chapeau pointu façon Merlin L’Enchanteur ou une baguette et des lunettes du genre Harry Potter ! Non, ce magicien là a la clope au bec, ne boit pas que de l’eau et se trimballe dans un bon vieux Londres crasseux mais contemporain. Spécialiste de l’occulte, luttant à l’aide de multiples ruses et vices contre des démons divers et variés, cet adepte blasé du surnaturel est apparu sous la plume du scénariste Alan Moore (à qui l’on doit, entre autres joyeusetés, V pour Vendetta, Watchmen ou encore From Hell) dans les pages du comic-book Swamp Thing en juin 1985.

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Urban Comics : Premières impressions

Après Sagédition, Arédit, Artima, Semic et dernièrement Panini, Dargaud a récupéré la licence DC Comics depuis le début d’année. Pratiquant en grande partie les comics en version originale, j’ai quand même réservé à la VF (en plus de certaines séances de rattrapage) quelques licences : les titres Spiderman et X-Men chez Panini, Star Wars et Hellboy chez Delcourt, et enfin Batman et les titres Vertigo désormais chez… Urban Comics, le label comic-book de Dargaud, fraîchement créé pour l’occasion.

J’avais pu feuilleter l’énième réédition de Watchmen par laquelle l’éditeur a démarré qui me semblait convenable en terme éditorial / traduction / etc mais possédant déjà la version Delcourt, je n’ai évidemment pas craqué. En revanche, j’ai depuis ce week-end pu tester le travail de ce nouvel éditeur via 3 titres : le périodique kiosque Batman Showcase, le 1e opus en librairie de Batman : Sombre Reflet et une mini-série mettant en scène John Constantine dans Les dossiers d’Hellblazer.

 

L’aventure kiosque d’Urban Comics démarre avec la suite d’une récente série dont les 1ers numéros ont été publiés par Panini : Batman Incorporated, écrite par Grant Morrison. Pour 5,60 €, on a droit à 4 épisodes de cette série (#5-8). Si je ne suis pas son plus grand fan, je trouve que le taff de Morrison sur ce titre est honnête même si le concept du club international de Batmen me fait sourire… Si maintenant la publication de DC en France commence à avoir une certaine régularité depuis une douzaine d’années (fin Semic + Panini), je trouve le taff d’Urban sur la partie éditoriale très intéressante pour les nouveaux lecteurs (et même pour moi qui a zappé quelques aventures). Les histoires récentes arrivées à Batman sont évoquées en 2 pages et ne font pas l’affront de résumer ça au texte canonique style Batman = Bruce Wayne, etc. Chaque épisode est ensuite précédé d’une page où chaque personnage de l’épisode est présenté en 4 lignes. Et à la fin, on retrouve un organigramme simple pour resituer tout ça : en gros, on peut dire qu’il s’agit d’un sans-faute de ce côté là…

 

 

 

 

En passant du côté de la librairie, le format choisi pour les 2 titres (Batman et Hellblazer) est plus proche du format utilisé par Delcourt (couverture cartonnée, dos et tranche noirs) que de celui de Panini (plus coloré et surtout en souple). Urban Comics profite éditorialement de l’expérience de ses concurrents. L’ensemble est sobre et assez classe. Le Hellblazer fait 14 € avec une sympathique mini-série écrite par Si Spencer et surtout dessiné par l’excellent Sean Murphy (Joe The Barbarian). L’éditorial est ici simple : 2 pages qui résument les grandes lignes de la série et de son ancienneté aux USA.

 

 

 

Meilleur encore : le Batman Sombre Reflet 1ère partie. L’histoire proposée par Scott Snyder et mise en images par Jock et Francesco Francavilla est déjà en elle-même une très bonne histoire de Batman à mon goût, très détective urbain (tiré de Detective Comics d’ailleurs), avec au départ une vente aux enchères de gadgets de super-vilains… Cette excellente surprise est en plus enrobée dans un bel écrin avec en bonus un mini-sketchbook de Jock et Francavilla, une présentation des personnages, les couvertures originales et surtout une excellente idée inspirée du système qu’a Delcourt dans les titres Star Wars : une “simple” frise chronologique qui place l’aventure du bouquin sur une timeline DC où apparaissent les principaux crossovers ou events de l’éditeur.

 

 

 

“Un fanboyisme Urban Comics déjà ?” allez vous me dire… Pas vraiment : les autres titres proposés ce mois en inédit VF ont été bizarrement choisis par exemple. Le Wonder Woman comme le Superman sont assez moyens en eux-mêmes et ne méritaient pas le même traitement que l’excellent thriller batmanien dont je viens de parler (surtout pour le prix). De même, pour 1 € de moins je trouve que l’absence du cahier de 16 pages “bonus” d’Hellblazer faute de matériel ou de volonté éditoriale par rapport au matos du Batman fait un peu chiche. Et puis difficile de se faire un avis (positif ou négatif) quand on a seulement quelques jours de recul et 3 titres en main mais en comparant aux premiers titres DC par Panini, ça semble plus pro (Batman) ou au moins équivalent (Hellblazer). Mais je sais aussi que les premiers titres Marvel France (Panini) semblaient être la panacée après Semic et quand on revoit le contenu des numéros 1 kiosque de cette époque, ça fait peur, donc bon, il faudra voir sur la durée même si la première approche est globalement très positive.

 

 

 

New 52 – Justice League Dark #1-2

A vrai dire, j’ai testé Justice League Dark par pur hasard : j’ai simplement fait une erreur de copier-coller lors de la préparation de ma précommande de comics VO auprès de Gourvy Comics (mon talentueux “dealer” habituel ^__^). Bref, la thématique de ce titre est de regrouper dans une équipe les personnages ayant trait à la magie dans le DC Universe en regroupant Madame Xanadu, Shade The Changing Man, Zatanna, Deadman et John Constantine (de retour dans le DCU classique pour l’occasion en parallèle de sa série chez Vertigo). Je n’ai jamais eu d’affinité avec les comics mystiques dans les univers classiques que ce soit chez Marvel ou DC, et j’ai plutôt préféré les titres Vertigo ou indés dans le genre, en général un peu plus poussés scénaristiquement parlant. D’ailleurs, la plupart des personnages de cette Justice League Dark ont déjà officié sous les couleurs du label “adulte” de DC

 

La dernière tentative en date de faire une équipe mystique chez DC était Shadowpact, principalement constituée de seconds couteaux dans le domaine (Detective Chimp, Blue Devil, Ragman, etc…). La série s’était éteinte dans une certaine indifférence au bout de 2 ans de parution seulement. Ici, le line-up est plutôt ambitieux car il réunit de grands noms de l’occulte et de grandes puissances mystiques du DCU : on comprend mieux l’intérêt d’avoir “Justice League” dans le titre… L’introduction qui en est faite dans le 1e numéro de la série est assez pertinente et intriguante : chaque membre est présenté très succinctement mais de manière assez claire quand à ses motivations ou démons. On notera d’ailleurs le poids particulier que peuvent avoir Madame Xanadu et Shade dans ce domaine.La menace est personnalisée par l’Enchanteresse séparée de son hôte humaine et devenue complètement folle-furieuse, et mettant au tapis un trio de poids de la “vraie” Justice League (Superman, Wonder Woman et Cyborg). On entre dans le vif du sujet, le ton est sombre et les personnages sont intrigants : jusque là tout va bien. Je crains juste un scénario un peu simpliste au final par rapport aux forces en présence mais jusque là l’irlandais Peter Milligan (X-Force, Shade, Human Target) fait un sans faute en dosant raisonnablement ce mélange inédit d’univers DC et d’univers Vertigo. Seul bémol : son Superman est plus typé guerrier que boy-scout ici et c’est assez bizarre à la lecture.

La où j’ai eu plus de mal au final c’est avec les dessins de Mikel Janin. Ses planches ne sont pas atroces en soi quoique j’ai pu avoir par moment du mal avec certaines postures (l’arrivée de Superman/Wonder Woman/Cyborg par exemple) mais les dessins de l’espagnol restent assez statiques dans les moments “d’action”. De même, il n’a pas été aidé en mon sens par les couleurs d’Ulises Arreola qui rendent l’ensemble assez froid et assez surréaliste. L’effet est intéressant pour un titre de ce genre mais ça reste quand même assez particulier à mon goût.Le hasard a été clément avec moi au final avec un titre un peu au dessus de la moyenne où je le voyais graviter avec un scénario assez intrigant et peu de fautes de goût malgré l’exercice difficile de relier une ligne tous publics et un univers plus mature. Pour les curieux, les 7 premiers numéros vont être réunis en TPB aux USA en octobre 2012 pour 14,99 $.